À Passy, Ousmane Sonko durcit le ton : “mane, poste de Premier ministre teunkouma”

Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a présidé ce jeudi 01 janvier 2026 à Passy la cérémonie de clôture des 72 heures culturelles et sportives de la commune, devant une mobilisation massive des populations. Profitant de cette tribune populaire, le chef du gouvernement a livré un discours sans concession sur la reddition des comptes, la gestion des deniers publics et les responsabilités partagées dans la gouvernance du pays.

Dans une allocution marquée par la fermeté, Ousmane Sonko a clairement réaffirmé la position du nouveau régime sur les détournements de fonds publics. « Tous ceux qui ont prévariqué les deniers publics doivent en répondre devant les tribunaux. Doit-on accepter qu’on oublie cela et laisser tout le monde rentrer chez lui ? Et faire comme si rien ne s’était jamais passé ? », s’est-il interrogé, sous les applaudissements de l’assistance. Insistant sur son engagement personnel, il a ajouté : « C’est pourquoi j’ai dit qu’on en discutera dans les prochains jours. Parce que “mane poste de Premier ministre teunkouma”. » (Je ne suis pas lié par le poste de premier ministre)

Le chef du gouvernement a tenu à préciser que son action s’inscrit dans une démarche responsable et institutionnelle. « Tout ce qui n’est pas bien, nous essayerons d’y remédier en interne, car c’est ainsi que doit agir un homme d’État », a-t-il expliqué, tout en soulignant que le dialogue et les réformes restent privilégiés. Toutefois, Ousmane Sonko a lancé un avertissement clair : « S’ils décident de continuer dans la destruction, nous ferons face au peuple pour l’alerter et lui dire qu’ils sont en train de détruire. Si cela continue, ce sera pire que les pratiques d’antan, et cela ne peut pas continuer au Sénégal. »

Abordant la question des politiques publiques, le Premier ministre a dressé un diagnostic sévère sur l’orientation des investissements réalisés ces dernières années. Selon lui, les ressources de l’État n’ont pas été utilisées là où elles étaient le plus nécessaires. « L’argent n’a pas été investi dans l’agriculture, dans l’élevage, dans l’industrie ou dans les services sociaux de base », a-t-il regretté, dénonçant une logique d’enrichissement personnel au détriment de l’intérêt général. « Chacun pense qu’il doit être milliardaire », a-t-il lancé.

Dans un discours empreint de franchise, Ousmane Sonko a également interpellé les citoyens sur leur part de responsabilité, notamment face à la corruption électorale. « Nous, populations, avons une part de responsabilité. Quand un homme politique vient vous distribuer des valises d’argent, c’est un voleur », a-t-il martelé.

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