Acte IV de la décentralisation : Kédougou au cœur de la nouvelle gouvernance territoriale

La région de Kédougou a servi de cadre, vendredi, à la clôture des concertations nationales sur l’Acte IV de la décentralisation. Une étape majeure du processus, présidée par le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Balla Moussa Fofana, en présence des autorités administratives, des élus locaux, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs de la société civile.

Face aux représentants des collectivités territoriales, le ministre a mis en avant la portée stratégique de cette réforme, qu’il a présentée comme une nouvelle dynamique de gouvernance fondée sur la confiance mutuelle, la responsabilité partagée et la solidarité entre l’État central et les territoires. Selon lui, l’Acte IV dépasse le cadre d’un simple projet institutionnel et s’inscrit dans une démarche construite à partir des réalités locales.

Pendant dix-huit mois, des concertations itinérantes ont sillonné le pays, permettant de recueillir les préoccupations et les propositions des acteurs territoriaux. Ces échanges, a souligné le ministre, ont nourri une réflexion collective visant à poser les bases d’un développement territorial plus équilibré et inclusif.


Balla Moussa Fofana a insisté sur la place particulière de Kédougou dans ce processus. Loin d’être marginale, la région est, selon lui, un espace stratégique à la fois par sa situation géographique et par la richesse de ses ressources naturelles, notamment son sous-sol, ses forêts et ses cours d’eau. Elle concentre également des défis majeurs, tels que l’enclavement, le déficit d’infrastructures, la pression sur l’environnement, la fragilité des finances locales et de fortes attentes sociales.

C’est au regard de ces enjeux, mais aussi de son rôle de carrefour vers la Guinée et le Mali, que Kédougou a été retenue pour accueillir la clôture des concertations nationales. Le ministre a indiqué que l’Acte IV devra renforcer l’intercommunalité, encadrer juridiquement la coopération décentralisée et offrir aux collectivités la possibilité d’accéder directement à des partenariats techniques et financiers, tout en préservant l’unité de l’État et la souveraineté nationale.

Alignée sur l’Agenda Sénégal 2050, la réforme ambitionne également de corriger les déséquilibres historiques entre les territoires, en tenant compte des engagements exprimés lors des consultations. À ce titre, une attention particulière sera accordée à la mobilisation de la fiscalité locale et à la mise en place d’une ingénierie financière adaptée aux réalités du terrain.

Avant de clore son intervention, Balla Moussa Fofana a lancé un appel appuyé aux collectivités de la région de Kédougou en faveur de la coopération intercommunale, qu’il considère comme un levier indispensable pour mutualiser les ressources, améliorer la gestion des infrastructures et porter des projets structurants à l’échelle territoriale pertinente. Selon lui, Kédougou restera un symbole fort dans l’histoire institutionnelle du pays, celui d’un moment où la parole des territoires a contribué à façonner la décision publique.

Fily CISSOKHO

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