La tension est à son comble en Casamance. Alors que le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, est en déplacement dans la région, les acteurs de la filière anacarde ont frappé fort. Ziguinchor et Sédhiou ont décrété une journée ville morte ce lundi, gelant instantanément toute la commercialisation de la noix de cajou.
À en croire à leurs explications,
l’instauration surprise d’une nouvelle taxe de 20 FCFA par kilogramme destiné à l’exportation est au cœur de la colère.
Déjà soumis à un prélèvement de 32 FCFA par kilo, les professionnels jugent cette charge supplémentaire totalement disproportionnée en pleine fin de saison. Magasins clos, comptoirs d’achat déserts : le boycott est total.
« Nous sommes frustrés et choqués. Aujourd’hui, l’arrêt des activités est total. Tous les magasins sont fermés. Nous ne comprenons pas qu’à la veille de la clôture de la campagne, une nouvelle taxe soit imposée à la filière », s’indigne Boubacar Ba, membre du collège des exportateurs de la noix de cajou de Ziguinchor.
Au-delà du simple ras-le-bol fiscal, les producteurs et exportateurs dénoncent une marginalisation flagrante de leur secteur comparé à l’arachide (qui bénéficie de subventions massives). Entre le vieillissement des plantations et la dépendance des flux venant de la Guinée-Bissau ou de la Gambie, la filière réclame des actes, notamment concernant les investissements de l’État.
« Le chef de l’État avait annoncé un financement de 50 milliards de francs CFA pour la filière. Nous voulons savoir si cette décision est toujours d’actualité et si elle figure dans le budget 2026. À ce jour, nous n’avons constaté aucune avancée concrète », rappelle le représentant des exportateurs.
Pour débloquer la situation et sauver ce pilier économique majeur pour le Sénégal (notamment vers le marché indien), les professionnels fixent leurs conditions. Parmi leurs exigences, le retrait immédiat de la note instituant la taxe de 20 FCFA ; plus de transparence sur la gestion des prélèvements actuels ainsi que l’ouverture d’un dialogue direct et sans délai avec le ministre Serigne Guèye Diop.
Faute d’un accord rapide, les opérateurs préviennent déjà que le mouvement va se durcir, menaçant l’avenir d’un secteur stratégique pour toute la Casamance.
