Tambacounda – Les acteurs du secteur forestier des régions de Tambacounda et de Kédougou se sont réunis dans le cadre d’un atelier régional de concertation consacré à l’évaluation de la Politique forestière 2005-2025 et à l’élaboration du Plan décennal de développement forestier (PDDF) 2026-2035. Cette rencontre vise à définir les orientations stratégiques et les actions prioritaires qui guideront la gestion durable des ressources forestières au cours des dix prochaines années.

Arrimé à la Vision Sénégal 2050, le futur plan prend en compte les défis émergents auxquels sont confrontés les écosystèmes forestiers du pays, notamment l’expansion de l’orpaillage, les feux de brousse, le braconnage, l’exploitation illicite des forêts ainsi que les effets du changement climatique.
Le pôle territorial Sud-Est, qui couvre les régions de Tambacounda et de Kédougou, dispose d’un patrimoine forestier exceptionnel. Il s’étend sur près de 7 066 144 hectares, dont 4 406 300 hectares de domaine forestier protégé et 2 659 844 hectares de forêts classées. Cette vaste zone de transition entre les espaces soudaniens et soudano-sahéliens abrite d’importantes ressources forestières, fauniques et hydriques.

La richesse de sa biodiversité constitue un habitat privilégié pour de nombreuses espèces animales, notamment autour du Parc national du Niokolo-Koba, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Malgré cette richesse, les ressources naturelles de la zone demeurent fortement exposées aux pressions anthropiques telles que la déforestation, les feux de brousse et le braconnage.
À l’ouverture des travaux, le préfet de Tambacounda, Alioune Badara Mbengue, a souligné l’importance de cette démarche participative. Selon lui, le futur Plan décennal de développement forestier constituera un cadre stratégique essentiel pour la gestion, la conservation et la valorisation durable des ressources forestières. Il a rappelé que les écosystèmes forestiers du Sud-Est jouent un rôle majeur dans la préservation de la biodiversité, la régulation du climat et l’amélioration des conditions de vie des populations.
Des menaces croissantes sur les ressources forestières
Pour le lieutenant-colonel Dame Diop, l’élaboration du PDDF 2026-2035 représente une étape décisive pour adapter les politiques forestières aux réalités actuelles.
« Ce nouveau plan prend en compte les défis émergents auxquels sont confrontées les ressources forestières, notamment l’expansion de l’orpaillage, les feux de brousse, le braconnage, l’exploitation illicite des forêts ainsi que les effets du changement climatique », a-t-il indiqué.
L’objectif est de doter le secteur forestier d’un cadre d’action cohérent avec les ambitions de développement durable du Sénégal, tout en renforçant les mécanismes de protection et de valorisation des ressources naturelles.

Vers une nouvelle politique forestière adaptée aux défis actuels
Au-delà du diagnostic de la situation forestière dans le pôle territorial Sud-Est, les participants ont été appelés à identifier les principaux enjeux, contraintes et priorités du secteur. Les contributions des collectivités territoriales, des services techniques, des organisations communautaires et des autres parties prenantes devront permettre de formuler des recommandations pour une gestion durable et participative des ressources forestières.
Répartis en groupes de travail, les participants ont notamment échangé sur le bilan de la Politique forestière 2005-2025, l’état actuel des forêts et les dynamiques qui les affectent, ainsi que sur les enjeux de gestion durable des ressources forestières. Les discussions ont également porté sur les orientations stratégiques et les options prioritaires à intégrer dans le Plan décennal de développement forestier 2026-2035, en tenant compte du contexte politico-institutionnel et des nouveaux défis environnementaux.
À travers cette démarche inclusive, les autorités entendent jeter les bases d’une nouvelle politique forestière capable de concilier préservation des écosystèmes, résilience climatique et développement économique au bénéfice des populations locales.
Par Pape Demba Sidibé.
