À Madina Manjack, les opérations de déminage ont officiellement repris ce jeudi 11 juin 2026 sous l’impulsion des autorités et des partenaires de la lutte antimines. Une avancée majeure qui devrait favoriser le retour des déplacés, restaurer la sécurité des populations et contribuer à la relance du développement économique dans cette localité de la région.

C’est un soulagement immense et un signal fort pour toute la Casamance. Le village de Madina Manjack, situé dans le département de Bignona, a abrité jeudi le lancement symbolique de la relance du déminage humanitaire. Cette initiative fait suite aux directives directes données par le président de la République lors de sa tournée économique en décembre dernier. Elle s’inscrit dans la volonté de l’État de respecter ses engagements internationaux, notamment la Convention d’Ottawa qui interdit les mines antipersonnel.

Pour le gouverneur de Ziguinchor, Mor Talla Tine, qui présidait la cérémonie, l’enjeu est autant sécuritaire que socio-économique. Il a rappelé que ces opérations doivent permettre au Sénégal d’atteindre l’objectif d’un territoire totalement libéré du péril des mines à l’horizon 2031.

Le chef de l’exécutif régional a insisté sur l’impact direct de ce programme pour les communautés locales : « Le déminage humanitaire constitue un levier essentiel pour le retour des populations dans leurs localités d’origine et la récupération de terres exploitables pour les activités économiques ». Ce volet figure d’ailleurs en bonne place dans le « Plan Diomaye pour la Casamance », un programme global combinant sécurité renforcée, infrastructures de base et inclusion économique.

Face à l’ampleur de la tâche, le gouverneur a profité de la tribune pour interpeller la communauté internationale. Dans un contexte financier global tendu, il a lancé un appel pressant aux partenaires techniques et financiers « afin qu’ils accompagnent davantage le Sénégal dans le financement du Plan Diomaye pour la Casamance ».

Du côté des techniciens, on salue ce nouveau départ après une période de stagnation. Salomon Diédhiou, directeur général du Centre national d’action antimines au Sénégal (CNAMS), s’est réjoui de cette « reprise effective ». Il a toutefois précisé que la prudence resterait de mise sur le terrain : « Les premières interventions seront menées progressivement afin de garantir le respect des exigences de sécurité et de qualité ».

Sur le plan opérationnel, c’est l’ONG Handicap International (HI) qui ouvre la marche. Elle est pour l’instant « la seule organisation disposant d’une accréditation opérationnelle et d’ordres de tâche lui permettant de démarrer les travaux sur le terrain », a détaillé le directeur du CNAMS. Mais pour tenir les délais, d’autres structures sont actuellement en cours d’homologation pour être déployées simultanément dans plusieurs zones.

L’urgence est bien réelle. Selon les estimations du CNAMS, « plus d’un million de mètres carrés ne sont pas encore traités » en Casamance. Un défi titanesque qui nécessitera, selon Salomon Diédhiou, de « renforcer les efforts conjoints des autorités, des partenaires et des opérateurs spécialisés » pour répondre aux cris du cœur des communautés locales qui ne demandent qu’à revivre en paix sur leurs terres.
