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Chaos minier à Karakhéna : Afrigold dénonce une exploitation hors contrôle avec des milliers d’orpailleurs illégaux, chiffre l’ampleur des pertes et tire la sonnette d’alarme

‎‎La société minière Afrigold tire la sonnette d’alarme face à l’intensification de l’orpaillage illégal dans son périmètre de Karakhéna. L’entreprise évoque une situation devenue critique, marquée par une présence massive de mineurs non autorisés, des risques sécuritaires croissants et des pertes économiques jugées considérables.

Selon les données communiquées par la compagnie, plus de 4 000 orpailleurs opèrent actuellement de manière irrégulière sur le site. Une proportion estimée à plus de 85 % de ces exploitants proviendrait de pays ouest-africains, notamment du Mali, du Burkina Faso, de la Guinée, du Libéria, de la Gambie et de la Côte d’Ivoire. Cette forte présence étrangère, combinée à l’absence de contrôle effectif, transforme progressivement la zone en un espace difficile à maîtriser.

‎Sur le plan technique, Afrigold indique que les pratiques d’exploitation ont largement dépassé les normes autorisées. Alors que la profondeur réglementaire est fixée à 15 mètres, certains puits atteindraient jusqu’à 100 mètres, avec l’utilisation d’équipements lourds et d’explosifs. L’entreprise estime que ces méthodes mettent en danger la vie des travailleurs et fragilisent les infrastructures environnantes. Les impacts économiques sont également mis en avant. La production artisanale issue du corridor de Karakhéna est évaluée à environ 100 kilogrammes d’or par mois, soit près de 1 200 kilogrammes par an. Sur une période de neuf ans, cela représenterait un volume total de 10 800 kilogrammes, exploités sans retombées fiscales pour l’État, selon les estimations internes de la société.

‎Afrigold rappelle avoir, dès 2013, mis à disposition un corridor d’orpaillage de 27 hectares destiné aux exploitants artisanaux sénégalais. Toutefois, cette zone, aujourd’hui occupée sur plus de 5 hectares, serait largement infiltrée et exploitée en dehors des règles établies.
‎Face à cette situation, le responsable des ressources humaines de l’entreprise, Boubacar Dangniokho, exprime de vives inquiétudes : « Les mineurs illégaux opèrent désormais à l’intérieur même de notre permis, causant des pertes importantes pour l’entreprise et pour l’État », déclare-t-il. Il déplore également l’absence de réaction concrète malgré plusieurs correspondances adressées aux autorités entre 2016 et 2026. « Nous avons saisi les autorités compétentes, mais aucune mesure efficace n’a été prise jusqu’ici », affirme-t-il.

Sur le plan sécuritaire, la société évoque des incidents répétés visant son personnel et ses installations. « Les équipements de la compagnie ont été attaqués à plusieurs reprises », souligne le responsable, qui appelle à une intervention urgente des pouvoirs publics.
‎Enfin, Afrigold indique que ses équipes de sécurité ne disposent d’aucun pouvoir d’action directe face aux intrusions. « Nous sommes limités à signaler les faits aux forces de l’ordre, qui évoquent un manque de moyens pour intervenir », regrette Boubacar Dangniokho, estimant que la situation nécessite une réponse coordonnée à l’échelle nationale.

‎Fily Cissokho

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