Les travaux du 12e Atelier régional de mise en œuvre des projets du Fonds international de développement agricole (FIDA) en Afrique de l’Ouest et du 3e Forum paysan régional (R-FAFO) ont pris fin ce jeudi 26 juin 2026 à Abidjan, après quatre jours d’échanges consacrés à la transformation durable des systèmes agricoles et alimentaires.

Cette rencontre d’envergure a réuni plus de 300 participants issus de 24 pays, parmi lesquels des ministres, des représentants gouvernementaux, des organisations paysannes, des partenaires techniques et financiers, ainsi que les équipes des projets financés par le FIDA. Elle s’inscrit dans un contexte régional marqué par les défis du changement climatique, de l’insécurité alimentaire, de la pression démographique et des contraintes liées au financement du secteur agricole.
Durant les travaux, les participants ont procédé à une évaluation des projets en cours, partagé des expériences et identifié des pistes d’amélioration pour renforcer la performance des interventions. Les discussions ont porté notamment sur la digitalisation de l’agriculture, la résilience climatique, l’agropastoralisme, l’inclusion des jeunes et des femmes, ainsi que le développement des chaînes de valeur et l’accès aux marchés.

Le Forum paysan régional a constitué un moment fort, en offrant aux organisations de producteurs un espace structuré de dialogue avec les décideurs publics et les partenaires au développement, confirmant leur rôle central dans la sécurité alimentaire et la stabilité économique de la région.
Le Sénégal, acteur engagé et moteur de propositions
Conduite par le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Cheikhou Oumar Ba, la délégation sénégalaise s’est illustrée par la qualité de ses interventions et la cohérence de sa vision stratégique.

Le ministre était accompagné de responsables techniques et de coordonnateurs de programmes majeurs, dont le Projet d’Appui à la Stratégie de Souveraineté Alimentaire (PASS), le PADAER II, Agrijeunes Tekki Ndawñi et le programme conjoint Sahel SD3C.
Le Sénégal a présenté les réformes engagées dans le cadre des orientations des autorités nationales en matière de souveraineté alimentaire, mettant l’accent sur la modernisation du secteur agricole, la consolidation des investissements structurants et l’amélioration de la performance des projets.
À cette occasion, la délégation sénégalaise a réaffirmé son engagement à sécuriser, dès la prochaine loi de finances, l’inscription pluriannuelle des fonds de contrepartie des programmes cofinancés par le FIDA, afin de garantir un décaissement plus prévisible et d’accélérer la mise en œuvre des projets, notamment le PASS.

Pour une agriculture plus inclusive et orientée vers les jeunes
Dans son intervention, le ministre Dr Cheikhou Oumar Ba a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination des interventions des partenaires techniques et financiers, ainsi que sur l’importance de la mise à l’échelle des projets pour en maximiser l’impact.
Il a également souligné l’urgence de rendre l’agriculture plus attractive pour les jeunes générations, en facilitant leur accès au foncier, au financement, aux innovations et aux opportunités entrepreneuriales.
Selon lui, la transformation du secteur agricole passe par des politiques publiques cohérentes, des investissements structurants et une meilleure intégration des chaînes de valeur.

Les organisations paysannes au cœur du développement
Les échanges ont également mis en lumière le rôle central des organisations paysannes dans la transformation des systèmes agricoles.
Les participants ont rappelé que leur renforcement institutionnel, leur gouvernance et leur capacité d’innovation constituent des leviers essentiels pour assurer la durabilité des investissements agricoles et améliorer les conditions de vie des producteurs.
Un partenariat renforcé avec la BAD
En marge des travaux, des échanges ont eu lieu entre la délégation sénégalaise et la Banque africaine de développement (BAD), en vue de renforcer la coopération autour des projets agricoles en cours et de lever certaines contraintes opérationnelles.
La BAD a réaffirmé sa volonté d’accompagner les nouvelles orientations du Sénégal, notamment en faveur de l’emploi des jeunes, de l’autonomisation des femmes et du développement de l’agropastoralisme.

Une dynamique régionale en marche
Au terme de cette rencontre, les participants ont convergé vers une même conviction : la transformation durable de l’agriculture ouest-africaine repose sur des investissements structurants, une meilleure gouvernance des projets, un renforcement des organisations paysannes et une implication accrue des jeunes et des femmes.
Par sa participation active et ses propositions, le Sénégal confirme son positionnement comme acteur de référence dans la dynamique régionale de souveraineté alimentaire.
Au-delà des échanges techniques, cet atelier aura permis de consolider une vision partagée : faire de l’agriculture un véritable levier de croissance, de résilience et de prospérité pour les populations ouest-africaines.
