Le CFEE blanc organisé par le MEN avec comme maitre d’œuvre la DEXCO a été l’occasion de faire une répétition générale avant la date retenue l’examen prévu le mois à venir. A ce titre les réaménagements à faire notamment sur le pan organisationnel sont identifiés et les réajustements à tous les niveaux sont en cours.

Cependant la question qui a le plus fait couler de l’encre et de la salive a porté sur les épreuvesproposées. Elles ont suscité beaucoup de réactions notamment sur les réseaux sociaux. Même si, par endroits, les éléments de forme ont par moments, il faut le regretter, vicié le débat de fond.
En effet, très tôt des enseignants ont pointé la difficulté ou l’inadaptation des exercices proposés.Certains résultats disponibles semblent avoir corroborer ce constat pour les élèves.
Toutefois, en termes de contenus, force est de constater que les épreuves sont conformes aux contenus du guide pour le niveau concerné. La concordance avec les projets déroulés n’est pas à discuter, ni la pertinence ou la familiarité des situations proposées notamment en mathématiques.
En mon sens, l’interpellation de certains débatteursbien que mal formulée par endroit, porte plutôt sur le calibrage des épreuves.
Faut-il le rappeler, certaines classificationsconsidèrent qu’une épreuve équilibrée attribue 60 % d’exercices de niveau facile ,30 % de moyen et 10% de difficile pour des évaluation formatives.
Chez nous, pour le CFEE et le BFEM, la cible retenue pour les exercices reste, à ce que je sache : 30% facile, 50% moyen, 20 % difficile.
Se pose alors un problème de classement. Sans douteles épreuves jugées de niveau facile ou moyen par le concepteur ne le sont pas pour les enseignants ou les apprenants évalués.
S’il faut rappeler quelques critères, un exercice est classé facile s’il peut se faire en une étape, moyen s’il se fait en 2, 3 étapes, difficile à partir de 4 étapes. La présence ou non de distracteurs / pièges, le type d’exercice (QCM, calculs directs / exercices d’application / problèmes ouverts) … sont également des éléments qui entre dans cette classification.
Après la correction, l’indice de difficulté (% élèves qui ont réussi / nombre total d’élèves) semble s’orienter vers le difficile avec des taux inférieurs et parfois même largement inférieurs au seuil de 49 %.
Bref, sont-ce nos élèves qui sont trop faibles ou l’évaluation qui est trop difficile ? Nous pourrons toujours épiloguer sur la question. Mais l’urgence sera pour le moment dans doute, de savoir pourquoi nos élèves ont trouvé ces épreuves difficiles et qu’est-il possible de faire d’ci la date fatidique du 18 juin.
Il ne s’agit donc pas de se chercher des boucs émissaires ou de se passer la patate chaude mais plutôt de nous plonger dans une démarche de remédiation valable à la fois pour l’aspect organisationnel évoqué plus haut et l’aspect docimologique.
A moyen terme, l’ambitieux chantier de la refondation incluant la réforme des curricula pourra prendre en charge notamment l’allègement descontenus à enseigner, et leur actualisation également responsable pour une bonne partie des difficultés repérées. Mais ça c’est un autre débat. Ou pas ?
F. M.
