Deux ans après le décaissement de près de 37 milliards de francs CFA destinés à un vaste programme d’électrification rurale, le député Thierno Alassane Sall affirme disposer de nouveaux éléments susceptibles d’éclairer l’opinion publique sur le parcours des fonds.

Face à la presse, ce vendredi 12 juin 2026, le leader de la République des Valeurs a présenté ce qu’il qualifie de documents officiels obtenus dans le cadre d’une procédure judiciaire en cours en Espagne. Selon lui, ces relevés bancaires permettent de retracer les mouvements financiers intervenus après le versement, le 11 juin 2024, de 55,2 millions d’euros sur le compte de l’entreprise espagnole AEE Power EPC, chargée de l’exécution du projet.
Pour rappel, ce programme visait l’électrification de 1 600 villages sénégalais grâce à un financement global de 140 millions d’euros obtenu avec l’appui des autorités espagnoles.
D’après les documents présentés par le parlementaire, le compte bancaire de l’entreprise ne disposait que d’un solde de 22 020 euros avant de recevoir, en une seule opération, l’équivalent de 36,7 milliards de francs CFA provenant des finances publiques sénégalaises.
Toutefois, les relevés bancaires montreraient qu’une part importante des fonds a quitté ce compte dans les semaines ayant suivi le décaissement. Thierno Alassane Sall soutient qu’environ 30 milliards de francs CFA auraient été fragmentés puis transférés vers plusieurs comptes bancaires situés en Espagne, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Togo, en Chine, au Kenya, en Tunisie et en Égypte.
Selon son analyse, une seule dépense, d’un montant de 1,09 million d’euros versée à un fournisseur chinois de câbles électriques, pourrait être directement reliée à l’exécution du marché. « L’argent destiné à électrifier les villages sénégalais a circulé dans plusieurs pays alors que les chantiers n’ont jamais été réalisés comme prévu », a déclaré le député.
Cette affaire, qui prend désormais une dimension internationale, fait l’objet d’investigations judiciaires en Espagne. De leur côté, les plaignants et plusieurs organisations de la société civile continuent de réclamer des explications sur la destination finale des fonds et l’identité des bénéficiaires des différents transferts financiers.
