La Gambienne Adji Sera Trera a comparu, ce mercredi 7 mai, devant la chambre de jugement du Pool judiciaire financier statuant en matière de flagrant délit. Elle est poursuivie pour une présumée escroquerie portant sur la somme de 673 millions de francs CFA au préjudice du commerçant sénégalais Modou Ndiaye.

Placée sous mandat de dépôt depuis le 30 avril 2026, la prévenue devra encore patienter avant d’être fixée sur son sort. À la demande de Me Abdy Nar Ndiaye, conseil de la partie civile, le tribunal a renvoyé l’affaire au 21 mai prochain pour les plaidoiries. Une requête à laquelle la défense, assurée par Me El Hadj Diouf, s’est opposée sans succès.
Au cours de l’audience, les avocats de la défense ont introduit une demande de mise en liberté provisoire. Me El Hadj Diouf a tenté de convaincre le tribunal que sa cliente entretenait des relations commerciales régulières avec le plaignant, dont elle aurait été la fournisseuse. Selon lui, Adji Sera Trera disposerait également de garanties de représentation suffisantes, affirmant qu’elle est hébergée chez le marabout du commerçant et qu’elle était venue au Sénégal à l’invitation de ce dernier.
Le parquet, pour sa part, s’est fermement opposé à cette demande. Le procureur de la République a estimé que les garanties avancées par la défense restaient insuffisantes au regard des montants en jeu et des risques liés à une éventuelle fuite de la prévenue.
En réponse, Me El Hadj Diouf a dénoncé des arguments qu’il juge « non fondés » et dépourvus d’éléments matériels probants.
Après avoir entendu les différentes parties, le tribunal a finalement rejeté la demande de mise en liberté provisoire, considérant que la prévenue ne présentait pas de garanties suffisantes de représentation en justice.
Cette affaire, qui implique plusieurs centaines de millions de francs CFA, continue de susciter un vif intérêt dans les milieux judiciaires et commerciaux.
Imam chroniqueur
Babacar Diop
