etards du Pont de Ziguinchor : Guy Marius SAGNA dénonce le manque de redevabilité et d’excuses du Gouvernement

ZIGUINCHOR — La pose de la première pierre des travaux du pont de Ziguinchor, effectuée le 31 juillet 2026, aurait dû être un moment de célébration. Pourtant, elle a cristallisé de vives tensions politiques et mis en lumière une crise profonde de redevabilité au sommet de l’État. Un député des 14e et 15e législatures, l’honorable Guy Marius SAGNA, est monté au créneau pour dénoncer vigoureusement l’attitude du gouvernement sénégalais face aux retards répétés de ce projet d’infrastructure crucial .

Des interpellations parlementaires répétées et restées sans réponse

L’exaspération des représentants du peuple ne date pas d’hier. Entre avril 2024 et août 2026, ce parlementaire affirme avoir adressé entre trois et quatre questions écrites au gouvernement pour exiger des explications claires sur la situation du projet [1]. Face à ce qu’il qualifie de situation d’inquiétude pour les populations, le silence ou le manque de réactivité du pouvoir exécutif est perçu comme un profond manque de respect envers l’institution parlementaire et, par extension, envers le peuple sénégalais .

Le député fustige notamment le calendrier de communication du gouvernement : alors que la pose de la première pierre a eu lieu le 31 juillet, un communiqué officiel n’a été publié que le 28 juillet, soit à peine deux jours auparavant, sans qu’aucune explication préalable ou excuse n’ait été présentée pour les mois de retard accumulés .

Le modèle de responsabilité nippon face aux mœurs politiques africaines

Dans une critique acerbe des pratiques politiques locales, le parlementaire a dressé une comparaison frappante avec le Japon. Il a rappelé qu’au Japon, les ministres et dirigeants n’hésitent pas à s’incliner publiquement en signe d’excuse, voire à démissionner, pour de simples coupures d’électricité [1]. « Au Japon, pour une coupure d’électricité, ils s’excusent en s’inclinant. Mais au Sénégal, le gouvernement lance les travaux avec des mois de retard sans même s’excuser auprès des Sénégalais », s’est-il indigné .

Selon lui, cette culture de l’excuse et du compte rendu fait cruellement défaut aux gouvernements et aux ministres africains, et particulièrement au Sénégal, où les décideurs nommés semblent oublier leur devoir de rendre des comptes aux citoyens [1].

La politique de la « première pierre » en question

Le député a également remis en question la symbolique politique des cérémonies de lancement de travaux au Sénégal. Il souligne le fossé qui existe trop souvent entre la pose d’une première pierre et le début effectif des chantiers .

« Au Sénégal, on pose la première pierre et on attend un mois, deux mois, trois mois, voire six mois avant que les travaux ne commencent réellement », dénonce-t-il, rappelant que les Sénégalais ne demandent pas des cérémonies de lancement, mais des infrastructures concrètes, sécurisées et finalisées .

Sécurité routière et indemnisation des populations : les autres points noirs

Au-delà des retards de construction, la gestion globale de la sécurité routière et des impacts sociaux du projet suscite d’importantes inquiétudes. Le parlementaire a mis en garde contre l’absence de mesures préventives adéquates pour éviter les accidents impliquant des camions. Selon lui, le rôle de l’État doit être de prévenir ces drames plutôt que de réagir après coup .

Enfin, la question financière reste entière. Alors que le projet accuse des retards, les populations locales subissent les conséquences de cette attente prolongée, notamment concernant les compensations financières promises. Le député a ainsi fait allusion à des milliards d’indemnités toujours en suspens, accentuant le sentiment d’injustice sociale au sein de la communauté de Ziguinchor .

À l’heure où les travaux du nouveau pont sont enfin officiellement lancés, la pression sur le ministère des Infrastructures reste maximale. Pour les populations de Ziguinchor, le temps n’est plus aux promesses politiques et aux cérémonies d’apparat, mais à la livraison effective et sécurisée d’un ouvrage attendu depuis trop longtemps

Partager