À Gouloumbou, dans la région de Tambacounda, une opération de contrôle de routine menée par les agents de la Division nationale de lutte contre le trafic (DNLT) a permis de mettre au jour une affaire présumée de fraude documentaire impliquant un ressortissant guinéen âgé de 67 ans.

Mamadou S. Diallo a été interpellé le 10 mai dernier alors qu’il revenait de Mandat Douane en direction du village de Sinthiou Bocar Aly, localité où il réside depuis plusieurs années. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme aurait tenté d’utiliser des documents administratifs sénégalais obtenus dans des conditions jugées irrégulières.
Lors du contrôle, les agents ont d’abord constaté que le mis en cause détenait une carte nationale d’identité guinéenne expirée depuis 2009. Mais la fouille de ses effets personnels a révélé plusieurs pièces administratives sénégalaises, notamment un extrait de naissance établi au nom de Mamadou Saydou Coulibaly, présenté comme étant né à Goudiry, ainsi qu’un jugement d’autorisation d’inscription de naissance issu d’une audience foraine organisée en 2021.
Les enquêteurs ont également découvert un second extrait de naissance concernant une enfant désignée comme sa fille.
Face aux enquêteurs, Mamadou Diallo a reconnu être de nationalité exclusivement guinéenne et vivre au Sénégal depuis 1987. Il a expliqué avoir obtenu ces documents par l’intermédiaire d’un notable de Bala aujourd’hui décédé. Selon ses déclarations, cette démarche aurait été facilitée dans un contexte lié à une période électorale.
Le sexagénaire affirme n’avoir versé que 2 500 francs CFA pour les frais administratifs et reconnaît ne jamais avoir personnellement participé à l’audience foraine ayant permis l’établissement des documents.
Les vérifications effectuées auprès des services compétents à Goudiry ont confirmé l’authenticité matérielle des actes retrouvés. Toutefois, les autorités soupçonnent qu’ils aient été délivrés sur la base de déclarations mensongères, ce qui pourrait constituer un cas de fraude à l’état civil.
Au cours de l’enquête, un homme identifié sous le nom de Lamine Cissé a été cité comme intermédiaire présumé. Entendu par les enquêteurs, ce dernier a rejeté toute implication dans cette affaire. Par la suite, Mamadou Diallo aurait reconnu avoir inventé certaines déclarations le concernant.
Placée en garde à vue, la personne mise en cause est poursuivie pour obtention indue de documents administratifs, faux et usage de faux, ainsi qu’usurpation d’identité. Le dossier a été transmis au Tribunal de Grande Instance de Tambacounda, où l’affaire devra désormais suivre son cours judiciaire.
Cette nouvelle affaire relance une nouvelle fois le débat sur les failles dans les procédures d’établissement des actes d’état civil lors de certaines audiences foraines, particulièrement dans les zones frontalières, où les questions liées à l’identité et à la nationalité demeurent sensibles pour les autorités administratives et sécuritaires sénégalaises.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop
