Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la structuration de la filière mil au Sénégal. Réunis à Kaolack lors d’un atelier de concertation consacré à la commercialisation du mil dans le Sine-Saloum, les principaux acteurs de la chaîne de valeur ont posé les bases d’un cadre de dialogue destiné à mieux organiser les marchés et à sécuriser les débouchés des producteurs.

Cette rencontre stratégique, organisée conjointement par l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) et le Fonds National de Développement Agro-Sylvo-Pastoral (FNDASP), avec l’appui technique et financier d’Enabel, a rassemblé producteurs, commerçants, transformateurs ainsi que représentants des interprofessions autour d’un objectif commun : bâtir un système de commercialisation plus efficace, plus transparent et plus durable.
Au cœur des échanges figurait la présentation des résultats d’une vaste étude réalisée auprès de 1 504 acteurs de la filière répartis dans dix départements de la zone Sine-Saloum. Ce diagnostic a permis de mettre en lumière les principaux défis liés à la commercialisation du mil, notamment les contraintes logistiques, les difficultés d’accès au financement et les insuffisances en matière d’organisation des marchés.
Les participants ont ensuite pris part à des travaux de groupe visant à identifier des solutions concrètes et à élaborer les contours d’un protocole d’accord commercial destiné à renforcer la contractualisation entre les différents maillons de la chaîne de valeur.
L’un des temps forts de la rencontre a été la mise en place officielle du Comité de pilotage de l’Initiative Interprofessionnelle Mil (IMIL), une structure chargée d’assurer le suivi des engagements pris par les acteurs et de coordonner les actions futures en faveur de la filière.
Les coopératives présentes ont également affiché leur engagement en annonçant leur intention de livrer plusieurs milliers de tonnes de mil dans le cadre de futurs accords commerciaux. Une dynamique qui s’inspire largement du modèle du « protocole maïs », considéré comme une référence en matière de contractualisation sécurisée entre producteurs et acheteurs.
À travers cette initiative, l’ARM et le FNDASP réaffirment leur volonté de mutualiser leurs expertises afin de renforcer l’organisation de la filière, sécuriser les revenus des producteurs et promouvoir une agriculture contractuelle performante. Les deux institutions ont également salué l’accompagnement constant d’Enabel, dont le soutien contribue à accélérer la modernisation des chaînes de valeur agricoles.
Cette démarche s’inscrit dans une vision plus large de transformation de l’agriculture sénégalaise, fondée sur une meilleure intégration des acteurs, la sécurisation des marchés et le renforcement de la résilience économique des communautés rurales.
