ZIGUINCHOR — Le collectif des responsables du parti Kirail dans le département de Ziguinchor, réuni sous la présidence du Professeur Ansoumana Diatta, a exprimé une vive indignation face aux révélations récentes sur l’utilisation des fonds destinés à la paix et au développement de la région.

Un détournement d’objectifs dénoncé par les populations
Tout en saluant les initiatives de l’État comme le Plan Diomaye pour la Casamance doté de 53 milliards de francs CFA, l’ANRAC et le PEDEC, le collectif dénonce avec force l’utilisation de fonds par l’ancien Premier ministre et ex-maire de Ziguinchor, Ousmane Sonko. L’affectation de ressources massives à la réfection du building administratif et à l’achat de véhicules de la primature est vécue comme un manque de respect et un détournement d’objectifs. Le parti KIIRAY rappelle que le décret 2004-1186 stipule clairement que ces crédits doivent être exclusivement réservés au programme de gestion de la paix en Casamance.

Les exigences fermes pour une justice territoriale
Pour répondre à l’incompréhension des populations confrontées à l’enclavement et au manque d’infrastructures sanitaires ou routières, le Professeur Ansoumana Diatta et ses collaborateurs exigent des mesures immédiates :
- La publication d’un rapport public et détaillé sur la ventilation complète des montants mobilisés pour la Casamance.
- L’audit rigoureux et indépendant des dépenses par la Cour des comptes et l’OFNAC.
- L’ouverture d’une enquête parlementaire dédiée à la gestion de ces fonds spéciaux.
- Le renforcement substantiel de l’ANRAC afin de garantir un impact direct et de proximité pour le désenclavement, la reconstruction et l’emploi des jeunes
La position du parti est sans ambiguïté : la surveillance de ces fonds est la condition sine qua non d’une stabilité retrouvée. Tout en réaffirmant un soutien de principe au Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qu’il crédite d’avoir « ouvert les yeux et la voie » à une nouvelle exigence de clarté, le collectif maintient une pression constante sur l’exécutif pour que « transparence, proximité et impact » ne soient plus de vains mots.
Cette démarche, portée par une équipe représentative de la diversité de Ziguinchor — notamment le Dr Jean-Bernard Diatta (coordonnateur régional par intérim), M. Tengela (communal), ainsi que les professeurs Mamadou Doumbeur, Hippolyte Minket, et Mme Alimatou Coly — illustre une volonté d’union sacrée pour le développement du Sud.
En conclusion, le Professeur Ansoumana Diatta rappelle une vérité fondamentale : « Plus nous sommes nombreux et intelligents collectivement, plus nous sommes forts. » À Ziguinchor, cette intelligence collective exige aujourd’hui que chaque franc destiné à la paix serve effectivement à reconstruire les vies et les terroirs de la Casamance, et non à entretenir le faste de l’administration.
