SUNUGOX.INFO

Search
Close this search box.

Huit ans après sa mort : l’étudiant Mohamed Fallou Sène toujours au cœur de la mémoire universitaire

La douleur reste vive à l’Université Gaston Berger. Ce vendredi 15 mai 2026, la Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl) a organisé une journée de commémoration en hommage à Mohamed Fallou Sène, étudiant tué en 2018 lors d’affrontements entre forces de l’ordre et étudiants sur le campus universitaire. Huit ans après les faits, l’émotion demeure intacte et les revendications pour la manifestation de la vérité continuent de résonner dans les amphithéâtres de l’université nordiste.

À travers cette commémoration, les étudiants ont voulu rappeler que le souvenir de leur camarade ne s’est jamais effacé. Des moments de recueillement, des prières et des rassemblements symboliques ont marqué cette journée empreinte de tristesse et de méditation. Comme chaque année, la mémoire de Mohamed Fallou Sène a ravivé chez de nombreux étudiants le souvenir d’une période de fortes tensions sociales dans l’enseignement supérieur sénégalais.

Le décès de l’étudiant, survenu en mai 2018, avait provoqué une onde de choc dans tout le pays. À l’époque, les manifestations estudiantines portaient notamment sur les retards de paiement des bourses et les conditions de vie sur le campus. Les événements avaient pris une tournure dramatique lorsque des affrontements avaient éclaté avec les forces de sécurité.

Pour les responsables de la Cesl, cette commémoration dépasse le simple devoir de mémoire. Elle constitue aussi un appel à la justice. Les étudiants continuent de réclamer que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de la mort de leur camarade. Plusieurs organisations estudiantines estiment que cette affaire symbolise les difficultés persistantes du système universitaire sénégalais, marqué par des crises récurrentes liées aux infrastructures, aux œuvres sociales et à la gouvernance des campus.

Le sociologue français Pierre Bourdieu écrivait dans La Misère du monde que « la jeunesse est souvent le révélateur des fractures sociales invisibles ». Cette réflexion trouve un écho particulier dans les universités africaines où les frustrations estudiantines traduisent parfois des tensions sociales plus larges.

Dans plusieurs universités du Sénégal, le nom de Mohamed Fallou Sène reste associé au combat pour de meilleures conditions d’études. Chaque année, des cérémonies similaires sont organisées afin de perpétuer sa mémoire et rappeler les défis auxquels font face les étudiants sénégalais.

Cette nouvelle commémoration intervient dans un contexte où les questions liées à la sécurité dans les espaces universitaires demeurent sensibles. Beaucoup d’étudiants appellent désormais à privilégier le dialogue pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.

Comme l’écrivait le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, « une société se juge aussi à la manière dont elle écoute sa jeunesse ». À Saint-Louis, huit ans après les événements, cette jeunesse continue de demander justice, mémoire et dignité.

Par imam chroniqueur
Babacar Diop

Partager