À Darou Mbitèyène, la construction annoncée d’un mur de clôture au Collège d’Enseignement Moyen (CEM), combinée à la réhabilitation des salles de classe dégradées, revêt une portée qui dépasse largement la simple amélioration des infrastructures. Pour les populations locales, il s’agit avant tout d’une réponse concrète à un phénomène de plus en plus préoccupant : l’exode scolaire en milieu rural.

Depuis plusieurs années, le déficit d’infrastructures scolaires adéquates contraint de nombreuses familles à inscrire leurs enfants dans des établissements éloignés, parfois situés dans des communes voisines. Cette situation entraîne des charges financières supplémentaires, expose les élèves à des risques liés aux déplacements et conduit, dans certains cas, à l’abandon de la scolarité. « Lorsque l’école n’est ni sécurisée ni fonctionnelle, les parents n’ont souvent d’autre choix que de chercher ailleurs », témoigne un habitant du village.
La construction du mur de clôture est ainsi perçue comme une étape décisive pour restaurer la confiance des parents d’élèves. En renforçant la sécurité de l’établissement et en limitant les intrusions, le projet contribue à faire du CEM un cadre d’apprentissage plus sûr et plus attractif. « Un collège sécurisé incite les familles à maintenir leurs enfants sur place », souligne un enseignant.
Parallèlement, la réhabilitation des salles de classe dont les toitures avaient été arrachées lors de l’hivernage 2025 vise à améliorer significativement les conditions d’enseignement. Ces dégâts avaient fortement perturbé le déroulement des cours, accentuant les départs d’élèves vers des établissements mieux équipés. Avec des salles à nouveau fonctionnelles, les autorités éducatives locales espèrent inverser cette tendance et stabiliser les effectifs.
Toutefois, les populations estiment que ces efforts doivent être renforcés. Elles plaident pour la construction de deux nouvelles salles de classe ainsi que d’un bloc administratif, afin de réduire la surcharge des classes et de mettre fin aux rotations pédagogiques, souvent citées comme des facteurs de démotivation. « Tant que les conditions d’apprentissage resteront précaires, le risque de départ demeurera », prévient un parent d’élève.
Pour le principal du CEM, Demba Senghor, l’enjeu est sans équivoque : « Investir dans les infrastructures scolaires, c’est retenir les élèves, assurer la continuité pédagogique et préserver l’école de proximité. »
À Darou Mbitèyène, l’amélioration du CEM apparaît ainsi comme un levier stratégique pour lutter contre l’exode scolaire en milieu rural. Plus qu’un chantier, c’est une démarche visant à ancrer durablement les élèves dans leur terroir et à faire de l’école un moteur de stabilité et de développement local.
