Situé dans la commune de Keur Socé, dans le département de Kaolack, le village de Médina Laïty — également connu sous le nom de Keur Mamadou Ba — se trouve à environ 3,5 km de l’axe Keur Madiabel et à 5 km du chef-lieu de la commune. Derrière ce village paisible se cache une histoire riche, marquée par la foi, la cohabitation entre communautés et une volonté constante de développement.

Une fondation marquée par l’héritage de Thierno Mamadou Ba
Médina Laïty a été fondé vers les années 1950 par Thierno Mamadou Ba. Avant de s’y installer définitivement, le fondateur avait effectué un premier séjour dans le village voisin de Keur Modio.
Selon les témoignages recueillis auprès des habitants, Thierno Mamadou Ba avait initialement baptisé le village Médinatoul Mounawara. Toutefois, à proximité de ce nouvel établissement vivaient déjà des communautés sérères, dont un ancien respecté nommé Laïty. En signe de reconnaissance et de respect, le fondateur décida d’associer son nom à celui du village, qui devint finalement Médina Laïty. « Il a voulu honorer le vieux Laïty en ajoutant son prénom au nom du village », explique Moustapha Ba.

Une population diverse et une économie agricole
Aujourd’hui, Médina Laïty est principalement composé de Peulhs du Fouta, de Peulhs du Diéry et de Sérères, illustrant une cohabitation harmonieuse entre différentes communautés.
L’économie du village repose essentiellement sur l’agriculture durant l’hivernage. Pendant la saison sèche, les femmes s’investissent principalement dans le maraîchage, tandis que l’élevage constitue également une activité importante pour de nombreuses familles.
Des sites historiques et un fort ancrage religieux
Le village abrite plusieurs lieux symboliques. On y trouve notamment une ancienne mosquée, témoin de l’histoire religieuse de la localité, qui a fait l’objet de quelques travaux de rénovation au fil des années.
Un autre lieu emblématique est un grand arbre situé à la sortie du village, où les populations se réunissent pour accomplir les prières lors des grandes fêtes musulmanes telles que la Korité (Aïd el-Fitr) et la Tabaski (Aïd el-Adha).
Par ailleurs, la célébration annuelle de la Nuit du Destin (Laylat al-Qadr) occupe une place particulière dans la vie spirituelle des habitants. Cette tradition remonte à la fondation même du village par Thierno Mamadou Ba. Selon le chef du village, cette nuit est un moment de grande ferveur religieuse. « Depuis 1950, la Nuit du Destin est célébrée ici. C’est un moment important dans l’islam et il est de notre devoir de perpétuer cet héritage laissé par nos ancêtres », confie-t-il.
Au fil des années, cet événement est devenu un véritable moment de retrouvailles pour les fils du village vivant dans différentes localités du pays ou de la sous-région, notamment à Dakar, Kaolack, Thiès ou Tambacounda. Pour les habitants, cette célébration revêt une importance comparable à celle d’un Gamou, tant elle favorise la communion et le rassemblement.

Des défis persistants en matière d’infrastructures
Malgré la présence de l’électricité et de bornes fontaines, Médina Laïty reste confronté à un déficit important d’infrastructures de base, notamment dans le domaine de la santé. Le village dispose actuellement d’une structure sanitaire installée dans une simple maison, une situation jugée insuffisante par les populations. En cas d’urgence, les malades — notamment les femmes enceintes — sont évacués vers Kouthié, situé à environ 5 km, ou vers Lamarane, à près de 2 km, souvent à l’aide de charrettes ou de vélos-taxis.
L’enclavement constitue également un défi majeur. L’accès au village devient particulièrement difficile pendant la saison des pluies. Face à ces difficultés, les populations lancent un appel aux autorités de l’État du Sénégal afin de trouver des solutions urgentes pour désenclaver la localité, construire une structure sanitaire moderne et y affecter du personnel qualifié.
Entre héritage spirituel, solidarité communautaire et aspirations au progrès, Médina Laïty demeure ainsi un village où l’histoire, la foi et l’espoir d’un avenir meilleur continuent de se transmettre de génération en génération.
