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Kaolack-Niolanème : entre insalubrité, insécurité et absence d’infrastructures, les habitants tirent la sonnette d’alarme

À Niolanème, quartier populaire de la commune de Mbadakhoun, dans la région de Kaolack, la colère des habitants dépasse désormais le simple cadre de la revendication sociale. Elle révèle une situation critique aux conséquences sanitaires, sécuritaires, environnementales et économiques alarmantes. Ce samedi, des dizaines de résidents sont descendus dans la rue pour dénoncer un quotidien qu’ils qualifient de « menace permanente pour la vie humaine ».

L’absence d’eau potable et de système d’assainissement adéquat expose les populations à des risques sanitaires majeurs. Les eaux stagnantes, les dépôts anarchiques d’ordures et l’insalubrité généralisée favorisent la propagation des maladies hydriques et infectieuses. « Ici, les enfants tombent malades presque chaque semaine », témoigne une mère de famille, dénonçant des conditions d’hygiène incompatibles avec la dignité humaine. Les habitants pointent également l’éloignement des structures de santé et les difficultés d’évacuation des malades, notamment en période d’hivernage, en raison de l’impraticabilité des routes.

Au-delà du volet sanitaire, Niolanème est confronté à une insécurité grandissante, aggravée par l’absence d’éclairage public et l’état de dégradation avancée des voies de circulation. À la tombée de la nuit, le quartier plonge dans une obscurité quasi totale, favorisant agressions, vols et accidents. « Nous vivons dans la peur permanente », confie un jeune manifestant.

Sur le plan environnemental, les habitants décrivent un cadre de vie étouffé par les déchets non collectés et les eaux usées à ciel ouvert. Une situation qui accentue la pollution, tout en détériorant davantage la santé des populations.

Parmi les revendications majeures figure l’absence d’un marché fonctionnel, perçue comme un frein majeur au développement économique local. Femmes commerçantes, jeunes vendeurs et petits entrepreneurs dénoncent le manque d’un espace structuré pour écouler leurs produits. « Sans marché, il n’y a ni activité économique, ni autonomie pour les femmes, ni perspectives pour les jeunes », déplore un responsable communautaire. Cette carence alimente la perte de revenus, le chômage déguisé et une dépendance accrue à l’économie informelle.

Pour les habitants, la création d’un marché moderne représente une urgence sociale autant qu’économique.

Les manifestants tiennent à préciser que leur mobilisation est pacifique et apolitique. Elle vise uniquement à interpeller les autorités locales et étatiques sur la nécessité d’une réponse globale, durable et coordonnée, intégrant les enjeux de santé publique, de sécurité, d’environnement et de développement économique.

À Niolanème, la rue est devenue l’ultime espace d’expression de populations qui refusent de continuer à survivre dans l’oubli. Leur message est sans équivoque : sans interventions rapides et concrètes, le quartier court le risque d’une crise humaine silencieuse.

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