À Keur Diarga, dans le département de Kébémer, une affaire de tontine fait grand bruit et alimente les discussions au sein de la population. Une gérante de caisse communautaire a été placée en garde à vue au commissariat de Kébémer après la disparition présumée d’une somme estimée à près de 4 millions de FCFA, collectée par des femmes durant plusieurs mois en prévision des dépenses de Tabaski.

Selon les informations rapportées, les membres du groupement versaient quotidiennement une contribution de 100 FCFA dans une caisse commune destinée à soutenir les adhérentes à l’approche de la fête. Mais au moment du partage, les participantes affirment avoir découvert avec stupeur que l’argent avait disparu.
Face aux enquêteurs, la gérante de la tontine a livré une version qui suscite de nombreuses interrogations. Elle explique avoir retiré les fonds à la banque avant de constater leur disparition après un trajet effectué en calèche jusqu’à son domicile. Elle affirme ne pas être en mesure de dire si l’argent a été égaré ou dérobé en cours de route.
Cependant, cette explication est vigoureusement contestée par plusieurs adhérentes du groupement. La secrétaire de l’association, Marième Mbaye, soutient que la responsable aurait donné des versions contradictoires des faits. Selon elle, la mise en cause aurait d’abord évoqué une perte survenue lors du trajet en calèche avant de parler d’un autre incident à Dakar, où un sac contenant un million de FCFA aurait été oublié pendant des achats de tissus.
Ces incohérences ont renforcé les soupçons des membres de la tontine, qui dénoncent un possible abus de confiance. De son côté, la principale concernée aurait expliqué ses déclarations changeantes par le stress et la pression exercée par les autres femmes du groupement.
Pour l’heure, l’enquête suit son cours afin d’établir les circonstances exactes de cette disparition. Les adhérentes réclament toute la lumière sur la gestion des fonds ainsi que le remboursement de leur épargne, fruit de plusieurs mois de cotisations et de sacrifices.
Cette affaire relance également le débat sur la gestion des tontines, très répandues au Sénégal comme mécanisme d’entraide sociale et financière, mais souvent fragilisées par l’absence de garanties formelles et de mécanismes de contrôle rigoureux.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop
