Cette semaine, sous la présidence du sous-préfet de Dioulacolon, l’Association Humanitaire pour le Développement à la Base (ASHUDEB) a officiellement lancé le projet JIKKE-ASHUDEB, une initiative de financement des structures de base. La cérémonie s’est déroulée dans les locaux de l’organisation, rassemblant autorités administratives, élus locaux, représentantes de groupements féminins et partenaires engagés dans le développement communautaire.

Financé par la Fondation PENNYWISE-USA et coordonné par ASHUDEB, ce programme répond concrètement aux défis économiques que rencontrent les femmes en milieu rural. L’objectif est clair : renforcer leurs capacités économiques et organisationnelles pour favoriser leur autonomie financière et leur participation active au développement local.
Prenant la parole, le sous-préfet de Dioulacolon a salué la pertinence de ce projet, qui s’aligne parfaitement avec les politiques nationales de lutte contre la pauvreté et de promotion de l’entrepreneuriat féminin. Il a encouragé les bénéficiaires à s’approprier pleinement les mécanismes mis en place pour assurer le succès et la pérennité du programme au-delà de sa durée initiale.
Le projet JIKKE-ASHUDEB couvre cinq communes : Bagadadji, Dioulacolon, Guiré Yéro Bocar, Saré Bidji et Bignarabé, réparties entre les départements de Kolda et de Médina Yoro Foulah. Au total, une soixantaine de groupements féminins, soit près de 1 500 femmes, bénéficieront d’un accompagnement technique, organisationnel et financier pour renforcer leurs activités génératrices de revenus.

Mame Thierno Aidara, coordonnateur du projet et directeur exécutif d’ASHUDEB, explique l’ambition : « Nous voulons offrir aux femmes les outils nécessaires pour mieux gérer leurs activités, valoriser leurs productions et accéder progressivement à une autonomie financière durable. » Le programme, qui s’étendra du 1er juin 2026 au 31 mai 2027, sera piloté par une équipe pluridisciplinaire comprenant un coordonnateur, une assistante administrative et financière, un chargé de communication et des animateurs de terrain. Leur mission : encadrer les bénéficiaires, suivre les activités et évaluer les résultats.
L’un des piliers du projet est le renforcement des capacités. Des formations seront organisées sur des thèmes stratégiques comme l’éducation financière, la gestion des activités génératrices de revenus, l’épargne, la transformation des produits locaux et la dynamique organisationnelle. Ces sessions permettront aux participantes de structurer leurs initiatives économiques et de développer une vision entrepreneuriale adaptée à leur environnement.

Une attention particulière sera portée à la transformation et à la valorisation des produits locaux, un levier clé pour créer de la richesse dans ces zones. Les femmes seront accompagnées pour améliorer leurs techniques de transformation, de conditionnement et de commercialisation, afin d’accroître leur compétitivité sur les marchés locaux.
Pour les initiateurs, maîtriser les mécanismes d’épargne et de crédit est essentiel. Les bénéficiaires seront donc encouragées à renforcer leurs Groupes d’Épargne et de Crédit (GEC), des outils de solidarité financière qui leur permettent d’accéder à des ressources pour développer leurs activités. Grâce à une meilleure valorisation des produits transformés et à une organisation plus efficace des circuits de commercialisation, elles pourront générer des revenus plus importants et renforcer leur sécurité financière, réduisant ainsi progressivement leur dépendance économique et améliorant durablement les conditions de vie de leurs familles.

Au-delà de l’appui direct, JIKKE-ASHUDEB vise à créer une synergie entre les organisations féminines des communes bénéficiaires. Partage d’expériences, mutualisation des ressources et développement de partenariats seront des leviers pour renforcer la résilience économique des communautés. À terme, ASHUDEB envisage même la mise en place de coopératives agricoles communautaires, en phase avec la vision des autorités publiques de structurer les organisations de producteurs et de faciliter leur accès aux financements et à l’accompagnement technique.
Les responsables du projet souhaitent également établir des passerelles entre les GEC et des structures nationales comme le Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique 3FPT ou la Délégation Générale à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes DER/FJ, permettant aux bénéficiaires de franchir une nouvelle étape dans le développement de leurs activités économiques.

Lors de la cérémonie, plusieurs représentantes des groupements féminins ont exprimé leur satisfaction et leur espoir. Elles voient dans ce projet une opportunité précieuse pour renforcer leurs capacités économiques et améliorer leur quotidien. Les collectivités territoriales présentes ont réaffirmé leur engagement à accompagner le programme, insistant sur la nécessité de pérenniser les acquis pour bâtir des communautés plus résilientes face aux défis économiques et sociaux.
À terme, les promoteurs espèrent que JIKKE-ASHUDEB contribuera à améliorer les revenus des femmes, réduire la pauvreté et renforcer le tissu économique local. En favorisant des activités viables et durables, le projet entend participer à un développement inclusif où les femmes deviennent de véritables actrices du changement et du progrès au sein de leurs communautés.
Mamadou TAMBOURA
Correspondant permanent
