
Sous l’égide de la Direction Régionale de la Santé (DRS), la Task Force multisectorielle de santé de la région de Kolda a tenu une importante rencontre d’évaluation consacrée à ses interventions dans le domaine sanitaire. Cette réunion stratégique a rassemblé l’ensemble des acteurs concernés, dans une dynamique de concertation visant à renforcer la couverture vaccinale et à améliorer les indicateurs de santé dans la région. Cette rencontre a permis de faire le point sur les activités réalisées par la Task Force,avec une approche inclusive impliquant toutes les parties prenantes : des acteurs de l’éducation, des relais communautaires, des Badienou Goxx, des Sages-femmes, des représentants de la presse, organisations communautaires et acteurs locaux.
Les échanges ont été structurés autour de trois axes principaux : la coordination des efforts entre les différents intervenants du secteur de la santé ;l’identification et l’évaluation des défis actuels, notamment en matière d’accès aux services de vaccination et la définition de stratégies communespour améliorer l’efficacité des interventions sur le terrain.

Selon les techniciens de santé, les activités menées par la Task Force ont atteint un niveau de réalisation de 85,7 %, un résultat jugé satisfaisant par l’ensemble des participants. Cette performance témoigne de l’engagement des acteurs et de la pertinence des actions mises en œuvre.
Cependant, des défis subsistent, notamment en matière d’accessibilité, de sensibilisation des populations et de mobilisation communautaire. L’un des points forts de la Task Force réside dans son approche multisectorielle, intégrant les dimensions de genre et d’inclusion sociale. Dans cette dynamique, une attention particulière est accordée à la prise en compte du genre, afin de réduire les inégalités entre les hommes et les femmes face aux services de santé. Les femmes, souvent premières responsables de la santé familiale, jouent un rôle clé dans la vaccination des enfants.
En tant que premières responsables de la santé familiale dans de nombreux contextes, les femmesoccupent une place déterminante dans la réussite des programmes de vaccination. En effet, ce sont elles qui assurent, au quotidien, le suivi sanitaire des enfants, depuis la naissance jusqu’à la petite enfance. Elles veillent au respect du calendrier vaccinal, accompagnent les enfants dans les structures de santé et jouent un rôle de relais d’information au sein du foyer. Cette responsabilité s’explique à la fois par des facteurs culturels et sociaux, mais aussi par leur proximité naturelle avec les enfants. Les mères sont généralement les premières à détecter les besoins de santé de leurs enfants et à prendre les décisions concernant leur prise en charge. À ce titre, leur niveau d’information, leur sensibilisation et leur adhésion aux programmes de vaccination influencent directement les taux de couverture vaccinale.Toutefois, elles peuvent faire face à des contraintes spécifiques, notamment liées à la mobilité, à l’accès à l’information ou encore aux normes socioculturelles.

La Task Force s’efforce donc de lever ces barrières en favorisant leur autonomisation et leur implication dans les processus de décision. Par ailleurs, l’approche inclusive adoptée vise à ne laisser aucune frange de la population en marge des interventions sanitaires. Cela concerne en particulier lespopulations vulnérables telles que les personnes vivant avec le VIH, et la vaccination HPV (HumanPapillomavirus), les minorités ou encore les familles à faible revenu. Des stratégies spécifiques sont mises en place pour atteindre ces groupes, notamment à travers des campagnes mobiles, des services de proximité et des actions ciblées de sensibilisation.Cette orientation vise à garantir que toutes les couches de la population, y compris les plus vulnérables, bénéficient des services de santé. Lorsde cette rencontre, Madame Reine Marie Badiane a insisté sur la nécessité d’une implication accrue des communautés pour assurer le succès des prochaines campagnes de vaccination. Elle a lancé un appel fort au plaidoyer collectif afin d’atteindre les objectifs fixés en matière de santé publique. Elle a ainsi souligné que la vaccination ne doit pas être perçue uniquement comme une responsabilité des services de santé, mais comme un enjeu collectif impliquant chaque citoyen, chaque famille et chaque leader communautaire. Dans cette optique, elle a appelé à un renforcement du dialogue avec les populations afin de lever les réticences, combattre les fausses informations et instaurer un climat de confiance autour des interventions sanitaires. « La réussite de nos actions repose sur l’engagement de tous, des autorités aux populations », a-t-elle conclut.

À l’issue de cette réunion, les acteurs se sont engagés à renforcer la synergie entre les différents secteurs et à intensifier les actions de sensibilisation. L’objectif est clair : améliorer durablement la couverture vaccinale et contribuer au bien-être des populations de la région de Kolda.
Par Mamadou TAMBOURA,
Correspondant permanent
