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KOLDA : SUPPRESSION DE L’ENTREE EN SIXIEME ; UNE REFORME MAJEURE.

    Les enseignants, les directeurs d’école, les présidents de CODEC et les CP se sont retrouvés autour de l’inspecteur chef de la circonscription scolaire de Kolda. Parmi les sujets abordés, il y avait un point important : la suppression de l’examen d’entrée en 6e. En s’adressant à l’assemblée, l’inspecteur Birane Tine a donné toutes les explications nécessaires sur cette nouvelle façon d’organiser l’entrée en 6e. C’est un vrai changement. Déjà, seul le CFEE est conservé comme évaluation de fin d’année à l’école primaire. Concrètement, tous les élèves qui obtiennent le CFEE passeront directement en 6e. En gros, tout élève avec une moyenne de 4 ou plus est automatiquement admis au collège. Par contre, ceux qui veulent redoubler – ou dont les parents le souhaitent expressément – pourront le faire.

      La réforme expliquée par l’inspecteur Birane Tine marque un vrai tournant dans la manière dont le système éducatif est organisé à la fin du primaire. En supprimant l’examen d’entrée en sixième, les autorités veulent surtout lever les barrières qui empêchaient les élèves de passer normalement au collège.

      Désormais, le CFEE devient l’unique examen pour évaluer ce que les enfants ont retenu à la fin du primaire. Du coup, on peut aussi se concentrer davantage sur l’essentiel dans les apprentissages, au lieu de passer du temps à préparer un concours d’entrée en 6eme.

     Ce qui frappe le plus dans cette réforme, c’est que les élèves entrent désormais en sixième presque automatiquement. Dès qu’ils décrochent le CFEE, ils ont leur place au collège, sans passer par l’examen d’entrée qui faisait barrage avant. C’est un vrai changement de logique : on supprime cette étape qui, pour beaucoup, était synonyme d’exclusion et on installe une continuité plus douce entre l’école primaire et le collège.

      En ouvrant les portes du collège à tous les détenteurs du CFEE, les autorités scolaires envoient un signal fort : celui d’une école plus démocratique, où l’égalité des chances compte vraiment. Auparavant, même des élèves qui avaient validé leur primaire, pouvaient se faire recaler à l’examen d’entrée, ce qui les poussait parfois à abandonner ou à subir des orientations qu’ils n’avaient pas choisies.Chaque enfant mérite de continuer son parcours sans se heurter à un mur.

     Le seuil de 4/10 pour être admissible, c’est aussi une façon plus humaine d’évaluer. On reconnaît que les notes ne disent pas tout : il y a l’effort, le potentiel, les conditions dans lesquelles un élève apprend. En baissant un peu la barre, on donne une vraie seconde chance à ceux qui, même en persévérant un peu, peuvent s’en sortir s’ils sont bien accompagnés. Franchement, avec le nombre de collèges qui augmente, ça devient beaucoup plus logique de laisser les enfants passer naturellement du primaire au secondaire. Les établissements ont aujourd’hui les moyens d’accueillir tout le monde, et du coup, on peut vraiment élargir l’accès à la 6e pour tous les élèves.

    Précédemment, le nombre de places disponibles décidait du nombre d’élèves qu’on pouvait admettre en 6e. C’était un peu comme un baromètre qui limitait les entrées. Mais aujourd’hui, les collèges de proximité doivent briser ce système de sélection qui, a causé beaucoup d’échecs et de décrochages scolaires. La conception, c’est de permettre à chaque enfant de poursuivre sa scolarité sans se heurter à ce mur invisible qui bloquait son parcours.

      Toutefois, cette réforme ne laisse aucunement présager un abandon de l’exigence. C’est juste qu’on change de regard : au lieu de trier les élèves à l’entrée, on choisit de les soutenir une fois qu’ils sont là. Cela suppose de mettre en place des aides concrètes – cours de rattrapage, suivi personnalisé, encadrement plus étroit – pour que les plus fragiles puissent rattraper leur retard.

      Le redoublement aussi devient plus flexible. Révolu, le système où le maître décidait à la place des familles. Désormais, c’est une option, discutée avec les parents et l’élève lui-même. La remarque, c’est que les parcours scolaires ne sont pas tous linéaires, et qu’un élève peut très bien progresser même s’il part avec des difficultés, à condition qu’on l’aide.

        Nécessairement, tout ceci demande des ajustements. Les collèges vont devoir s’adapter à des effectifs peut-être plus nombreux, et renforcer leur encadrement pour que chaque élève, quel que soit son niveau de départ, puisse réussir au cycle moyen.

       Au fond, cette réforme traduit l’ambition de construire une institution scolaire plus juste. Une école où l’accès au secondaire ne se joue pas sur une sélection trop précoce, mais où chaque élève a une vraie chance de s’en sortir. Une école plus inclusive, qui veut limiter les exclusions et donner à tous les moyens de progresser.

Mamadou TAMBOURA

Correspondant permanent

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