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Ndiassane sous tension : une attaque nocturne ciblée relance le spectre du vol de bétail à l’approche de la Tabaski

À quelques semaines de la Tabaski, période cruciale pour les éleveurs, le phénomène du vol de bétail connaît une résurgence préoccupante dans la région de Thiès. Dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 mai 2026, le village de Chérif Moulaye, relevant de la commune de Chérif Lô, arrondissement de Ndiassane, a été la cible d’une opération criminelle d’envergure, menée par un groupe d’individus lourdement organisés.

Selon des témoignages concordants, les assaillants ont agi aux alentours de 2 heures du matin. Profitant de l’obscurité et du calme nocturne, ils se sont introduits dans un enclos où étaient gardés plusieurs moutons de race, destinés pour la plupart à la vente en prévision de la fête. En quelques minutes seulement, les malfaiteurs ont réussi à emporter 28 bêtes, dans une opération décrite par les habitants comme « méthodique, rapide et parfaitement coordonnée ».

La scène, survenue en pleine nuit, a plongé le village dans une vive inquiétude. Certains riverains évoquent des individus « expérimentés », laissant penser à l’existence de réseaux bien structurés opérant dans la zone. « Ce n’est plus un simple vol, c’est une véritable expédition organisée », confie un habitant encore sous le choc.

Alertée aussitôt, la brigade de proximité de gendarmerie de Ndiassane s’est déployée sans délai. Sous la direction du commandant Thior, les éléments ont engagé une traque qui les a conduits jusqu’à Touba Toul, dans le secteur de Khombole. Vers 4 heures du matin, la pression exercée par les forces de l’ordre a contraint les malfaiteurs à abandonner une partie du troupeau.

Au total, une vingtaine de moutons ont été récupérés sur place. Toutefois, huit béliers de grande valeur manquent toujours à l’appel. Les voleurs, eux, ont réussi à prendre la fuite, laissant derrière eux un climat de peur et de frustration.

Une enquête a été immédiatement ouverte pour identifier les auteurs de cette attaque. Les gendarmes privilégient plusieurs pistes, notamment celle d’un réseau organisé opérant entre différentes localités de la région, voire au-delà. Des investigations sont en cours pour remonter la filière et retrouver les animaux disparus.

Au-delà de cet incident, c’est toute la question de la sécurité rurale qui est remise au centre des préoccupations. Dans plusieurs zones de Thiès, les éleveurs dénoncent une recrudescence des vols à l’approche des grandes fêtes religieuses. La Tabaski, moment de forte demande en bétail, devient ainsi une période particulièrement propice à ce type de criminalité.

Pour de nombreux éleveurs, ces pertes représentent bien plus qu’un simple manque à gagner. Elles compromettent des mois, voire des années d’efforts, dans un contexte déjà marqué par la cherté de l’aliment de bétail et les difficultés d’accès aux marchés. « Chaque mouton volé, c’est un investissement perdu, parfois toute une saison de travail », déplore un éleveur de la zone.

Face à cette situation, les autorités locales appellent à une vigilance accrue et encouragent la collaboration entre populations et forces de défense. Des dispositifs de surveillance renforcés sont annoncés, notamment des patrouilles nocturnes plus fréquentes et une meilleure coordination entre les brigades territoriales.

Mais sur le terrain, beaucoup estiment que ces mesures doivent être accompagnées d’actions plus structurelles : identification systématique du bétail, sécurisation des enclos, organisation de comités de veille villageois et lutte contre les circuits de revente clandestins.

En attendant, à Ndiassane comme dans d’autres localités de la région, la peur persiste. Et à l’approche de la Tabaski, censée être un moment de partage et de sérénité, de nombreux éleveurs redoutent désormais de voir leurs efforts partir… en fumée, au cœur de la nuit.

Par imam chroniqueur
Babacar Diop

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