
Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la modernisation de sa gouvernance territoriale. À l’occasion d’un atelier scientifique tenu le 20 avril 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, Moussa Bala Fofana, a réaffirmé la volonté de l’État de fonder ses politiques publiques sur des données probantes et des outils scientifiques rigoureux.

Au cœur de cette rencontre : la validation des Indices Composites de Dynamique Territoriale (ICDT) et de Viabilité Territoriale (ICVT), deux instruments présentés comme essentiels dans la mise en œuvre de la Vision Sénégal 2050. Devant un parterre d’acteurs académiques et institutionnels de haut niveau — incluant des représentants de la Banque mondiale, de Enabel et de JICA — le ministre a insisté sur la rupture méthodologique engagée : « L’ère de l’intuition est révolue. Nos décisions doivent désormais s’appuyer sur la science et des indicateurs fiables. »

Selon lui, ces indices permettront de dépasser les approches classiques, souvent limitées à des indicateurs sectoriels isolés, pour offrir une lecture globale et cohérente des territoires. L’ICDT analysera les dynamiques territoriales (expansion, stagnation, régression), tandis que l’ICVT évaluera la capacité des collectivités à assurer un développement durable, en intégrant des dimensions clés telles que la gouvernance, l’attractivité et l’autonomie financière.

Le ministre a également salué la qualité des échanges ayant marqué l’atelier, soulignant que « l’exigence académique, la rigueur des statisticiens et des économètres ont été mises au service de l’action publique ». Les travaux ont permis d’interroger les choix méthodologiques, d’affiner les indicateurs et de renforcer la robustesse globale des outils. Pour Moussa Bala Fofana, cette démarche participative est essentielle pour garantir à la fois la crédibilité scientifique et l’acceptabilité sociale des indices, appelés à orienter des décisions stratégiques telles que l’organisation des pôles-territoires, l’allocation des investissements publics et la rationalisation du maillage communal.

Tout en se félicitant de cette avancée, le ministre a rappelé que « la validation n’est qu’un début ». Le véritable défi réside désormais dans l’opérationnalisation de ces outils, leur appropriation par les collectivités territoriales et la mise en place d’une gouvernance efficace des données.

À travers cette initiative, le Sénégal affirme clairement son ambition : construire un modèle de développement territorial fondé sur la connaissance, l’objectivité et la performance, au service d’un développement équilibré et durable de l’ensemble de ses territoires.
