Alors que les crises ébranlent les partis traditionnels, le parti Pastef d’Ousmane Sonko transforme chaque épreuve en opportunité. Ses soutiens assument une stratégie de « nutrition par l’adversité ». Témoignage de Cheikh Diaw, coordonnateur du mouvement Sunu Kaolack 2027.

Au Sénégal, une formation politique semble défier les lois habituelles de l’usure du pouvoir. PASTEF (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité), dirigé par Ousmane Sonko, ne s’effrite pas sous la pression judiciaire ou médiatique : il s’en nourrit. C’est du moins ce qu’assument ouvertement ses militants et relais locaux.
« PASTEF ne se contente pas de résister aux crises : il les utilise comme un catalyseur de croissance », affirme Cheikh Diaw, coordonnateur du mouvement Sunu Kaolack 2027. Dans un texte diffusé sur les réseaux sociaux, M. Diaw détaille une mécanique rodée : chaque obstacle – enquête, détention, interdiction de manifestation – est transformé en preuve de la « clairvoyance » du leader Ousmane Sonko, présenté comme une « boussole morale et politique ».
Une résilience organique
Selon Cheikh Diaw, cette force ne doit rien au hasard. « Contrairement aux formations traditionnelles bâties sur des réseaux de clientèle, PASTEF s’est construit sur une promesse de rupture et de don de soi, incarnée par la clairvoyance de son leader », explique-t-il. L’adversité, ajoute-t-il, agit comme un filtre : elle écarte les opportunistes et soude un « noyau dur » autour d’un sentiment d’injustice partagée.
Des observateurs confirment ce phénomène. Chaque tentative d’étouffement judiciaire ou administratif devient, sur les réseaux sociaux, un contenu viral. Le parti occupe ainsi l’espace médiatique sans bourse déliée, reléguant ses concurrents au second plan.
“Sunu Kaolack 2027” et l’appel à la jeunesse
M. Diaw, qui se présente comme coordonnateur du mouvement Sunu Kaolack 2027, ne limite pas son analyse aux seuls dirigeants. Il cite également M. Fadilou Keïta, Directeur Général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), comme un exemple de « nouvelle éthique de gestion publique ». « Ces figures ne sont pas seulement des gestionnaires : ce sont des remparts contre les pratiques du passé, animés par la lumière de leur président », écrit-il.
Il appelle la jeunesse de Kaolack et du Sénégal à rester « mobilisée derrière ces leaders dont la boussole est Ousmane Sonko ». Une manière d’anticiper l’échéance de 2027, où PASTEF espère transformer l’essai.
Une stratégie risquée ?
Pour les analystes, ce modèle de « résilience par l’adversité » comporte des risques. Il enferme le parti dans une posture permanente d’opposition héroïque, même lorsqu’il accède à des responsabilités institutionnelles. Mais pour Cheikh Diaw, le pari est gagnant : « PASTEF ne fait pas que survivre : sous le leadership d’Ousmane Sonko, il se nourrit des épreuves pour redéfinir les contours du paysage politique national. »
En attendant, le mouvement Sunu Kaolack 2027 se veut une cheville ouvrière de cette dynamique, convaincue que « ce qui ne tue pas rend plus fort ».
