Les autorités sénégalaises ont renforcé la sécurité dans les zones frontalières à travers la création de nouvelles unités de gendarmerie dans les régions de Kédougou et de Tambacounda. En appui à ces efforts de l’État, l’ONG Partners West Africa – Sénégal, à travers son projet intitulé « Former les Bajenu Gox à la prévention précoce de l’extrémisme violent aux frontières entre le Sénégal et le Mali », renforce les capacités des Bajenu Gox et autres femmes leaders des deux régions.

C’est dans ce cadre qu’une session de formation s’est tenue du lundi 3 au mercredi 5 novembre à la mairie de Saraya, réunissant des participantes venues de diverses localités du département. « L’objectif est de renforcer les capacités des femmes leaders et des Bajenu Gox afin qu’elles puissent assurer une veille sécuritaire pour la prévention de l’extrémisme violent. Nous sommes dans une zone frontalière avec le Mali, et chacun sait ce qui s’y passe », a expliqué le consultant Major Diame Guaye.

Selon lui, le choix des femmes s’explique par leur rôle central dans la société : « Elles ont une grande capacité d’observation des changements de comportement au sein de la famille et passent plus de temps avec les membres de leur communauté. Il est donc important de leur donner les moyens de détecter, de signaler et de collaborer avec les forces de sécurité pour une réponse rapide. »

Durant ces trois jours, les participantes ont suivi des vidéos pédagogiques en langues nationales (malinké et wolof), afin de s’adapter au contexte local et de faciliter la compréhension.À la fin de la formation, Major Guaye s’est dit satisfait : « Les femmes sont désormais capables d’identifier les indices de présence éventuelle d’organisations extrémistes et de transmettre l’information en toute sécurité. Nous avons formé des formatrices qui auront pour mission de démultiplier ces connaissances au sein de leurs communautés. » Il a également invité la population à coopérer avec les forces de sécurité, soulignant que « les menaces sécuritaires se rapprochent » et que seule une implication communautaire forte permettra d’y faire face.

La coordinatrice du projet, Mme Ly, a pour sa part remercié le bailleur. Elle a exprimé sa gratitude envers le gouvernement américain, notamment le département d’État des États-Unis à travers l’ambassade américaine à Dakar, pour leur appui financier au projet.Au nom des participantes, Fily Bayo a salué cette initiative : « Nous avons peur parce que nous vivons à proximité du Mali où la menace est réelle. Ce projet nous permet de mieux comprendre comment participer à notre propre sécurité. Nous allons organiser des séances de sensibilisation pour que d’autres femmes puissent s’approprier les enseignements reçus. »

