Le Sénégal franchit un nouveau cap dans la lutte contre les effets du changement climatique grâce à l’appui du Guichet d’action climatique du Fonds africain de développement. Le 13 novembre 2025, à Abidjan, le Conseil d’administration du Fonds a approuvé un don de 9,48 millions de dollars destiné à renforcer la résilience des communautés et des écosystèmes dans les zones humides des bassins versants du Sahel. Ce financement s’inscrit dans une stratégie régionale touchant le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Sénégal, tous exposés à une forte pression climatique et humaine sur leurs ressources naturelles.

Un investissement crucial pour les zones humides du fleuve Sénégal
Pour le Sénégal, le projet sera déployé au cœur de la réserve de biosphère du fleuve Sénégal, notamment dans les départements de Saint-Louis et Dagana. Ces zones, vitales pour l’agriculture, l’élevage, la pêche et la biodiversité, subissent depuis plusieurs années une dégradation accélérée — montée des eaux salées, érosion, baisse de la productivité agro-pastorale, perte d’habitats naturels. Grâce à ce financement, le pays bénéficiera d’actions concrètes et structurantes, avec des impacts durables sur les populations locales et l’environnement.
Les avantages majeurs pour le Sénégal
1. Préservation durable des écosystèmes du fleuve Sénégal
Une étude approfondie de vulnérabilité climatique sera réalisée pour analyser les fragilités des zones humides.
Pour le Sénégal, cela permettra :
- – d’identifier les secteurs prioritaires à restaurer,
- – de mieux gérer la biodiversité de la vallée du fleuve,
- – de réduire la dégradation des terres et des ressources halieutiques.
Cette étape est déterminante pour garantir la sécurité environnementale d’une région essentielle pour l’économie nationale.
2. Appui direct aux femmes et aux jeunes
Les activités prioritaires issues de l’étude seront accompagnées par des financements pour :
- – développer des initiatives d’économie verte,
- – renforcer l’autonomisation économique des femmes et des jeunes,
- – créer de nouvelles opportunités dans l’agroforesterie, l’écotourisme, la transformation de produits locaux ou la gestion durable des ressources naturelles.
Cet appui vient renforcer les efforts du pays en matière d’inclusion socio-économique.
3. Sécurisation des ressources en eau et amélioration des productions locales
Le projet met l’accent sur :
- – une gestion plus équitable et durable de l’eau,
- – la valorisation des ressources agroforestières,
- – la consolidation des chaînes de valeur halieutiques.
Pour les communautés vivant de la pêche, du maraîchage et de l’élevage dans la vallée du fleuve, ces actions renforceront la résilience économique, dans un contexte où le climat menace directement leurs moyens de subsistance.
4. Renforcement des capacités nationales et locales
Le Sénégal bénéficiera :
- – de formations spécialisées,
- – de meilleures pratiques de gouvernance locale,
- – d’une montée en compétence des services chargés de la gestion climatique.
Cela permettra d’améliorer la prise de décision, la surveillance des risques et l’efficacité des interventions au niveau communautaire.
5. Développement des systèmes d’alerte précoce
L’une des avancées majeures pour le Sénégal sera l’appui au développement :
- – des services climatiques locaux,
- – de systèmes d’alerte précoce,
- – d’outils de prévision permettant d’anticiper les inondations, sécheresses et autres catastrophes climatiques.
Ces dispositifs renforceront la sécurité climatique des communautés vulnérables et réduiront les pertes économiques.
6. Une meilleure coordination régionale au service de la stabilité
Le projet prévoit la création d’une Unité de gestion régionale rattachée à la Commission Climat pour la Région du Sahel (CCRS).
Pour le Sénégal, cela signifie :
- – une meilleure coopération transfrontalière autour du fleuve Sénégal,
- – des échanges d’expertise,
- – une gestion harmonisée des ressources partagées.
Cette approche régionale garantit des solutions plus cohérentes et durables.
Un levier stratégique pour la souveraineté alimentaire du Sénégal
En renforçant la résilience des communautés du fleuve Sénégal, ce financement s’inscrit pleinement dans les ambitions nationales de :
- – sécurité alimentaire,
- – gestion durable des écosystèmes,
- – développement d’une économie verte,
- – lutte contre la pauvreté rurale.
Grâce à ce projet, le pays consolide sa position dans les mécanismes internationaux de financement climatique, tout en donnant aux populations locales les moyens d’affronter les défis environnementaux croissants.
