À la suite du limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko par le Président Bassirou Diomaye Faye, Dre Birné Brigitte Ndour, membre de la coalition « Diomaye Président », dans un entretien exclusif accordé à Sunugox, apporte son commentaire, tout en réaffirmant son soutien au Chef de l’État.

Dre Ndour, quelle a été votre première réaction après l’annonce du limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko ?
« C’est avec un sentiment de gravité, mais sans surprise, que j’ai accueilli la décision mettant fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko. »
Pensez-vous que cette décision était inévitable ?
Effectivement, à mon humble avis, depuis plus d’un an, on sent que le Premier ministre indique publiquement que sa vision politique et celle du Président ne sont plus totalement en phase, qu’il y avait des divergences et que lui-même envisageait la séparation, tout en évitant de prendre l’initiative de la démission. Sous ce rapport-là, toutes les paroles qui ont été dites, à l’occasion de rencontres politiques dirigées par le PM et à l’occasion des sessions de l’Assemblée nationale, montraient que, pour lui, le Président de la République n’était plus la Clé de voûte des Institutions; qu’il travaillait pour l’État et non pour le Président… Par rapport à tout cela, l’opinion nationale et internationale sentait venir cette décision. C’est pourquoi, franchement, cela n’est pas une surprise. Oui, ça a peut-être surpris au moment T où la décision a été prononcée, mais tout le monde s’y attendait.
Cela dit, le Président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, a toujours privilégié le dialogue, l’écoute et la fidélité aux liens politiques et humains qui l’unissent à Ousmane Sonko. Je suis convaincue que cette décision n’a pas été facile à prendre, mais elle relève des prérogatives constitutionnelles du Chef de l’État, qui demeure le garant du bon fonctionnement des Institutions de la République.
Quel message adressez-vous aux Sénégalais dans ce contexte politique tendu ?
Contexte tendu ! Je ne crois pas.
Les divergences se limitaient aux paroles. Le Président a recadré, il a adopté une stratégie du silence, de l’évitement autant que possible. Je pense qu’il y a un moment où on arrive à saturation, il a pris la décision, en tant que Président de la République, qui a les prérogatives de nommer aux emplois civiles et militaires.
C’est une décision qui ne traduit pas un nouveau contexte, mais qui met fin à un contexte qui était devenu délétère par les paroles, par la défiance, par les interpellations. Tout cela n’était pas propice à la sérénité dans le travail gouvernemental. Maintenant que la décision est prise, les choses deviennent très claires. L’ex-PM peut envisager sa candidature en 2029 et le Président de la République, avec les hommes et les femmes qui partagent sa vision peut envisager une politique cohérente au plan national et international, pour le développement du Sénégal. C’est cela le nouveau contexte.
Quelles conséquences politiques ou sociales appréhendez-vous après cette rupture ?
Chaque décision implique des conséquences! Au plan politique par exemple, la conséquence que je vois c’est que le Président de la République a l’opportunité de choisir les personnes qu’il faut, celles qui partagent sa vision. Ces personnes-là peuvent être de la société civile, de sa Coalition Diomaye Président, du PASTEF et de toute autre formation politique. Voilà la conséquence au plan politique, le choix des hommes et des femmes qui partagent sa politique et qui sont prêts à travailler pour le Sénégal. Les conséquences sociales, c’est que ces hommes et ces femmes qu’il aura choisis se mettent au travail pour redresser la situation économique, apporter plus de dynamisme et de reluisance à la diplomatie sénégalaise, redresser les conditions sociales, et c’est ça la mission d’un gouvernement.
Je pense que c’est cela la démocratie, le gouvernement gouverne, l’opposition joue son rôle, pour que le tout puisse coller aux réalités du pays ; que chacun, du bord où il se situe, travaille à ce qu’on trouve des solutions aux problèmes. Voilà les conséquences politiques et sociales : de nouvelles humaines capables de prendre en charge les préoccupations des sénégalais.C’est cela que je vois.
Votre position personnelle reste-t-elle alignée avec celle du Président Bassirou Diomaye Faye ?
Absolument ! Je réaffirme avec conviction et sans réserve mon engagement aux côtés du Président Bassirou Diomaye Faye, pour accompagner toutes les initiatives visant à consolider la démocratie, la justice sociale et le progrès, au bénéfice exclusif du peuple sénégalais.
