A l’approche de l’hivernage, la commune de Missirah Sirimana reste confrontée à un enclavement persistant, particulièrement à Daworola, considéré comme le village le plus isolé. Entre pistes impraticables et crues de la rivière Balangouma, les déplacements deviennent un véritable défi pour les populations.

Malgré trois tentatives de construction d’un pont financées sur fonds propres, les habitants ont vu leurs efforts réduits à néant par la force des eaux, engloutissant plus de 15 millions de francs CFA. Réunis le 26 avril, ils ont de nouveau interpellé les autorités sur une situation qui, selon eux, dure depuis trop longtemps et a déjà coûté des vies.
Prenant la parole, le porte-parole du jour, Mouraly Cissokho, a rappelé l’ampleur des difficultés : « Nous renouvelons notre cri de cœur. Daworola mérite plus d’accompagnement. Nous avons perdu des jeunes faute de structures de santé et d’accès. Nos tentatives de pont ont échoué malgré les moyens engagés. Pendant l’hivernage, nous sommes coupés du reste du pays. »
Même constat chez les habitants. Kama Dabo Diango, mère de famille, témoigne avec émotion : « Nos activités sont de l’autre côté du marigot. Nous n’avons pas de route. J’ai moi-même perdu mon enfant en cours de route. »

De son côté, le chef de village souligne les sacrifices consentis par la communauté : « Nous avons tout essayé, mais l’eau emporte tout. Nous utilisons une pirogue pour rejoindre nos champs. Malgré la construction d’une case de santé et d’autres efforts, nos moyens sont épuisés. »
Face à cette situation, les populations lancent un appel pressant à l’État et aux partenaires pour la réalisation d’un pont durable, seule solution pour désenclaver définitivement Daworola. Le maire de la commune avait déjà alerté sur cette problématique lors d’une visite officielle, sans avancée notable à ce jour.
Fily cissokho
