À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée ce dimanche 3 mai dans la ville de Tambacounda, l’Association des jeunes correspondants ressortissants de Tambacounda (Ajcorta) a marqué les esprits par un geste fort : rendre un hommage appuyé à un vétéran du journalisme sénégalais, Pape Demba Sidibé, ancien du quotidien national Le Soleil.

Dans une atmosphère empreinte d’émotion et de reconnaissance, cette cérémonie s’est voulue bien plus qu’un simple hommage : elle s’est imposée comme un acte de mémoire et de transmission. Pour le président de l’Ajcorta, Boubacar Tamba, il s’agissait de réparer une injustice silencieuse : celle de trop souvent attendre la disparition des figures marquantes pour saluer leur apport.
« Au regard de tout ce qu’ils ont réalisé à Tambacounda, il nous a semblé essentiel de leur rendre un vibrant hommage de leur vivant », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de reconnaître l’engagement de ces professionnels qui, dans l’ombre, ont façonné l’information locale et nationale.
Durant plus de trois décennies, Pape Demba Sidibé s’est illustré par une pratique du journalisme fondée sur la rigueur, l’éthique et l’humilité. Des qualités unanimement saluées par les intervenants, qui ont dressé le portrait d’un homme profondément attaché aux principes fondamentaux du métier : véracité des faits, respect des sources et responsabilité sociale. Pour beaucoup, son parcours constitue une véritable école de formation pour les jeunes reporters.
La cérémonie, présidée par le préfet du département, Alioune Badara Mbengue, a réuni un large éventail d’acteurs : journalistes, autorités administratives, représentants de la société civile et citoyens. Tous ont salué l’initiative de l’Ajcorta, perçue comme un signal fort en faveur de la valorisation des ressources humaines locales.
Visiblement ému, le récipiendaire a exprimé sa profonde gratitude, soulignant que cette reconnaissance revêtait une valeur particulière à ses yeux, car elle émane de la jeune génération. Un passage de témoin symbolique s’est ainsi opéré, dans un moment où l’expérience rencontre l’enthousiasme.
Au-delà de l’hommage, cette journée a également été un espace de réflexion sur les défis contemporains de la presse. Placée sous le thème : « Pôles territoires et presse : quel rôle pour l’appropriation du projet par les communautés », la rencontre a donné lieu à une communication du professeur Abdoul Aziz Tandia, ancien directeur de l’Agence régionale de développement (ARD) de Tambacounda. Les échanges, modérés par Sidy Coulibaly, ont permis d’interroger la place stratégique des médias dans la compréhension et l’appropriation des politiques territoriales par les populations.
Les débats ont notamment mis en lumière le rôle crucial des journalistes comme médiateurs entre les institutions et les citoyens, mais aussi comme acteurs de développement. Dans des régions comme Tambacounda, où les enjeux territoriaux sont multiples, la presse apparaît comme un levier essentiel pour renforcer la participation citoyenne et consolider la démocratie locale.
Par cette initiative, l’Ajcorta confirme son ambition : promouvoir un journalisme responsable, enraciné dans les réalités locales, tout en favorisant la transmission intergénérationnelle. En honorant Pape Demba Sidibé, l’association ne célèbre pas seulement un homme, mais tout un idéal : celui d’une presse libre, engagée et au service du bien commun.
Dans un contexte où les défis liés à l’information sont de plus en plus complexes, cet hommage résonne comme un rappel essentiel : la liberté de la presse ne se décrète pas, elle se construit, se protège et se transmet.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop
