Par Dr Alioune Ibnou Abou Talib DIOUF
Membre de PASTEF

Introduction
La victoire électorale de PASTEF en 2024 au Sénégal a marqué une rupture historique avec des décennies de gouvernance libérale néo-patrimoniale. Mais cette victoire démocratique s’est immédiatement accompagnée de mécanismes de sabotage invisibles et persistants, qui s’apparentent à des formes renouvelées de terreur psychologique héritées de l’époque coloniale et consolidées sous les anciens régimes. Cet article interroge ces dynamiques dans une perspective critique et décoloniale.
I. Terreur postcoloniale et contrôle des imaginaires
La colonisation ne s’est pas limitée à une occupation physique ; elle a aussi instauré une violence symbolique durable. L’ordre colonial a produit des réflexes de soumission, des représentations dévalorisantes de l’Afrique et des réflexes d’auto-censure chez les élites.
« Le colonisé est un traumatisé permanent, parfois même après l’indépendance. » — Frantz Fanon
Ces imaginaires, véhiculés par l’école, les médias et certaines autorités religieuses ou traditionnelles, ont été récupérés par l’ancien régime pour renforcer sa légitimité et diaboliser toute pensée de rupture.
II. L’ancien régime comme laboratoire de terreur psychologique
Depuis sa défaite, l’ancien régime ne cherche pas un retour démocratique classique, mais la déconstruction mentale du nouveau pouvoir :
- Médias de sabotage : orchestrés depuis des pôles de communication financés par d’anciennes élites ou des intérêts étrangers, ces médias propagent des récits anxiogènes (faillite économique, dérive autoritaire, chaos imminent).
- Réseaux d’influence paralégaux : lobby religieux, associations, syndicats infiltrés, agitateurs sociaux utilisés pour amplifier la peur ou la confusion.
- Usage du « fantasme sécuritaire » : propagation de rumeurs sur des putschs, infiltrations terroristes ou complots russes, chinois ou islamistes, dans le but de faire douter de la légitimité du pouvoir PASTEF.
III. Guerre cognitive et usage stratégique de la peur
La logique ici est psychologique et symbolique : fragiliser le lien de confiance entre le peuple et ses représentants, semer le doute, activer des réflexes de panique. Il s’agit d’un terrorisme d’influence, sans bombe, mais avec des rumeurs, des faux experts, des dossiers montés, des attaques numériques ciblées.
« Quand la peur guide l’opinion, la démocratie chancelle. » — Achille Mbembe
Cette terreur est aussi entretenue à l’international : certains relais diplomatiques ou ONG, influencés par les anciens circuits d’aide ou par des puissances occidentales désireuses de maintenir leur mainmise sur l’espace francophone, participent à cette orchestration.
IV. Résilience du pouvoir PASTEF : entre pédagogie et souveraineté
Face à ces attaques psychologiques, le pouvoir actuel a adopté plusieurs stratégies :
- Transparence et pédagogie populaire : décryptage des manipulations dans les discours du Premier ministre et du Président.
- Souveraineté narrative : réappropriation du récit national, restauration des figures historiques africaines, valorisation des luttes anti-impérialistes.
- Construction d’une sécurité cognitive : renforcement de l’éducation critique, de l’accès à l’information vérifiée et des médias citoyens.
Conclusion
La terreur de l’ancien régime, prolongée par les mécanismes postcoloniaux, ne vise pas l’élimination physique mais la déstabilisation mentale. Elle s’inscrit dans une guerre hybride où la souveraineté politique se heurte à une violence invisible mais redoutable. Comprendre cette guerre psychologique est essentiel pour défendre la démocratie et reconstruire un imaginaire national affranchi des traumatismes coloniaux et des élites déchues.
Dr Alioune Ibnou Abou Talib DIOUF
Membre de PASTEF – MONCAP SANTÉ
