Les populations du village de Thioro Bouguou, situé dans la commune de Sinthiou Malème, ont tenu ce jeudi un point de presse pour dénoncer leur non-implication dans les opérations de lotissement en cours dans leur localité. Réunies en grand nombre, elles ont exprimé leur inquiétude et leur désaccord face à une démarche qu’elles jugent « opaque et unilatérale ».
Devant la presse locale, le porte-parole du collectif des habitants, M. Lassana TRAORÉ, a pris la parole pour appeler les autorités administratives et territoriales à suspendre immédiatement les travaux liés au lotissement.
« Nous ne sommes pas contre le développement. Ce que nous demandons, c’est la transparence et l’implication de toutes les parties prenantes. Nous devons être consultés avant toute opération qui touche nos terres et nos familles », a-t-il déclaré au micro de Moussa Oumar GUEYE.
Selon lui, les populations de Thioro Bouguou ont découvert les premières opérations de lotissement sans aucune concertation préalable, ni information officielle de la part des autorités municipales. Cette situation, dit-il, crée un climat de méfiance et alimente un sentiment d’injustice au sein de la communauté.
Les habitants rappellent que les terres concernées appartiennent à des familles installées depuis plusieurs générations, vivant principalement de l’agriculture et de l’élevage. Pour eux, ces opérations menées sans consultation risquent d’entraîner des conflits fonciers, mais aussi une perte de repères et de moyens de subsistance.
Certains notables du village ont également souligné l’importance d’un dialogue inclusif, estimant que toute politique d’aménagement du territoire doit s’appuyer sur le consentement éclairé des communautés locales, conformément aux principes de bonne gouvernance foncière et aux dispositions du Code des collectivités territoriales.
En attendant une réaction officielle de la mairie de Sinthiou Malème ou des services préfectoraux, les habitants de Thioro Bouguou maintiennent leur position ferme : pas de poursuite des opérations tant qu’un cadre de concertation participatif n’aura pas été mis en place.
Leur porte-parole a conclu en lançant un appel solennel à l’État : « Nous avons confiance en nos autorités. Nous leur demandons seulement d’écouter les populations, de dialoguer avec elles et de respecter leurs droits. »
Cette sortie médiatique des habitants de Thioro Bouguou illustre une nouvelle fois la sensibilité de la question foncière dans plusieurs localités du pays, où les besoins de développement urbain se heurtent souvent à la protection des terres communautaires et à la nécessité d’une gouvernance locale participative.
