La déclaration du juge Ibrahima Hamidou Deme a ravivé le débat autour des violences tragiques survenues à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans une prise de position ferme, l’ancien magistrat fustige ce qu’il considère comme une tentative de manipulation de l’opinion et une instrumentalisation de la justice.

Selon lui, après avoir été accusé de diffuser des informations inexactes sur les circonstances des événements, le gouvernement chercherait désormais à s’appuyer sur l’institution judiciaire pour valider une version des faits destinée à exonérer l’État de toute responsabilité. Une démarche qu’il juge inacceptable au regard des exigences de transparence et d’impartialité.
Le juge estime que la manifestation de la vérité est compromise, notamment en raison d’une communication du parquet qu’il perçoit comme alignée sur celle de l’exécutif. Cette situation, affirme-t-il, affaiblit la crédibilité des institutions et nourrit la méfiance au sein de l’opinion publique.
Au-delà de la controverse politique, Ibrahima Hamidou Deme évoque une crise plus profonde touchant l’État de droit. Il parle d’une nouvelle défaillance de la justice et d’un recul des principes démocratiques. Pour lui, l’enjeu dépasse le cadre universitaire : il s’agit de préserver l’indépendance de la justice et de garantir aux citoyens un droit effectif à la vérité.
Enfin, il insiste sur la dimension humaine du drame. L’absence de clarté autour des circonstances du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba constitue, selon lui, une blessure supplémentaire pour la famille et pour la communauté universitaire. Il appelle à une enquête transparente, crédible et indépendante, seule capable de restaurer la confiance et d’honorer la mémoire du défunt.
Dans un contexte marqué par une forte sensibilité sociale et politique, cette déclaration contribue à intensifier les appels à faire toute la lumière sur ces événements.
