La ville de Ziguinchor a accueilli, ce 22 avril 2026, le lancement officiel du Rapport Sénégal & Afrique du Projet Mondial de Monitorage des Médias (GMMP) 2025, placé sous le thème : « De l’Évidence à l’Action : Faire progresser des systèmes médiatiques sensibles au genre en Afrique ».
La cérémonie a été présidée par Amie Joof Cole, Directrice exécutive de Réseau inter-africain pour les Femmes, Médias, Genre et Développement, en présence d’autorités locales, de représentants du ministère de la Famille et des Solidarités, d’acteurs de la société civile et de professionnels des médias. Dans son discours d’ouverture, Mme Cole a rappelé que le Projet Mondial de Monitorage des Médias, lancé à la suite de la Conférence de Beijing de 1995 par la World Association for Christian Communication, constitue aujourd’hui un outil de référence mondiale pour analyser la place des femmes dans les médias.
Trente ans après cette conférence historique, le constat reste préoccupant. « Les médias continuent de refléter un monde profondément déséquilibré », a-t-elle souligné, insistant sur la sous-représentation persistante des femmes dans les contenus médiatiques, notamment en tant que sources expertes ou sujets d’information. Au Sénégal, malgré un cadre juridique favorable à l’égalité de genre, les résultats du rapport révèlent une domination des hommes dans le traitement de l’actualité. Une situation qui, selon Mme Cole, traduit des logiques structurelles liées aux biais de recrutement, aux pesanteurs socioculturelles et à des pratiques rédactionnelles encore peu sensibles au genre. Au-delà des chiffres, elle a mis en garde contre les conséquences de cette réalité : « une invisibilisation symbolique des femmes » et une représentation incomplète de la société.

Dans un contexte marqué par la transformation numérique, la Directrice exécutive de FAMEDEV a également évoqué les nouveaux défis liés à l’essor des plateformes digitales, notamment les biais algorithmiques, les violences en ligne et la précarisation des métiers de l’information. Face à ces enjeux, elle a appelé à une action collective et structurée, articulée autour de plusieurs axes majeurs : la promotion de pratiques rédactionnelles inclusives, le renforcement des politiques de recrutement équitables, le développement des compétences en approche genre et la lutte contre les stéréotypes dans les contenus médiatiques. « Nous ne sommes plus au stade du constat. Les évidences sont établies. L’urgence est désormais celle de l’action », a-t-elle martelé, invitant les acteurs des médias à passer « d’une logique de présence à une logique de pouvoir ».

Le lancement de cette 7e édition du GMMP se veut ainsi un tournant, visant à impulser un engagement renouvelé pour des systèmes médiatiques plus justes, inclusifs et représentatifs de la diversité sociale.

