
Saraya, 30 juin 2025 – À Tourokhoto, un village enclavé de la commune de Khossanto dans le département de Saraya, les jeunes ont décidé de prendre leur destin en main. Ce 30 juin, ils se sont mobilisés pour ouvrir la piste et mettre des pierres reliant leur localité au village de Diakhaling, situé à une quinzaine de kilomètres. Une initiative citoyenne dictée par l’urgence sanitaire, surtout en cette période hivernale où les déplacements deviennent particulièrement pénibles.
En l’absence d’une route praticable, accéder au poste de santé le plus proche relève du parcours du combattant. Pour les habitants, il faut en moyenne deux heures pour parcourir les 15 kilomètres qui séparent Tourokhoto de Diakhaling, et cela, dans des conditions souvent périlleuses.

« Il est plus facile pour nous d’aller au Mali qu’au Sénégal », regrette un responsable de la jeunesse locale. « Nous contribuons davantage à l’économie malienne parce que les routes vers le Sénégal sont impraticables. Pour une urgence de santé, c’est une véritable épreuve. »
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les défis de Tourokhoto ne s’arrêtent pas aux routes. Le village souffre également d’un manque d’accès à l’eau potable. Contacté par téléphone, le chef du village, Ansoumane Cissokho, a lancé un cri du cœur :
« Nous avons deux grandes difficultés : la route et l’eau. Nous n’avons qu’une seule pompe fonctionnelle et l’eau du fleuve Falémé est inutilisable. Nous demandons aux autorités de venir en aide à notre communauté. »

Face à ces multiples défis, la détermination des jeunes de Tourokhoto montre un exemple de résilience et d’engagement communautaire. Mais leurs efforts, aussi nobles soient-ils, ne peuvent remplacer l’action de l’État. Les populations attendent désormais une réponse concrète des autorités pour désenclaver la zone et améliorer les conditions de vie des habitants.
