Une vive polémique est née à la suite de l’intervention du député Bara Ndiaye lors d’une séance plénière à l’Assemblée nationale. L’élu a publiquement invité le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique à « donner des instructions » au Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA), une autorité administrative indépendante.

Cette déclaration, tenue dans l’hémicycle – lieu sacré de l’élaboration de la loi – suscite de fortes réactions, notamment de la part d’acteurs engagés en faveur de l’État de droit. Parmi eux, Lababa Faye, militant de PASTEF–Les Patriotes, a exprimé ses inquiétudes dans un communiqué largement partagé.
Selon Lababa Faye, l’appel du député constitue « une dérive institutionnelle d’une gravité inacceptable ». Pour lui, un élu de la majorité devrait être le premier garant du respect des textes et du bon fonctionnement des institutions.
Il rappelle que la loi n° 2006-04 érige le CNRA en Autorité Administrative Indépendante (AAI), excluant toute tutelle hiérarchique ou pouvoir d’injonction de la part du ministère en charge du secteur. « Le Ministre gère le secteur, mais il n’est pas le patron de l’arbitre », souligne-t-il.
Cette sortie est d’autant plus mal perçue qu’elle provient d’un parlementaire réputé pour son ton virulent dans ses prises de parole politiques. « L’agressivité ne saurait masquer le manque de rigueur juridique », déplore Lababa Faye, qui estime que de tels propos brouillent le message de restauration de l’État de droit que la majorité prétend défendre. « Exiger d’un ministre qu’il viole la loi n’est pas une opinion politique », insiste le militant. Au contraire, cela reviendrait à remettre en cause un principe fondamental : la séparation des pouvoirs et l’autonomie des organes de régulation.
Le CNRA, en tant qu’autorité indépendante, doit exercer librement sa mission : assurer un paysage audiovisuel conforme à la loi, protéger les libertés publiques et veiller à la régulation du secteur sans influence politique. L’ingérence d’un ministre dans ses décisions serait non seulement illégale, mais dangereuse pour la crédibilité du système démocratique, rappelle-t-il.
Pour préserver l’intégrité institutionnelle et l’exemplarité attendue d’un député, Lababa Faye appelle Bara Ndiaye à « reconnaître publiquement son erreur » et à corriger ses propos devant l’Assemblée nationale. Selon lui, la majorité parlementaire doit se montrer irréprochable dans la maîtrise des textes et dans la défense de l’État de droit. « L’indépendance de nos institutions n’est pas facultative. Elle est l’une des garanties de la stabilité de la République », conclut-il.
