SUNUGOX.INFO

Search
Close this search box.

Saraya : un déficit persistant d’infrastructures freine le développement des zones frontalières

Le préfet du département de Saraya, Babacar Niang, a mis en lumière les insuffisances en matière d’infrastructures sociales de base et de réseau routier dans plusieurs localités frontalières de la région de Kédougou. S’exprimant lors d’un entretien, l’autorité administrative a évoqué un retard d’investissement qui continue de peser sur le quotidien des populations.

Selon lui, malgré la prise de conscience des pouvoirs publics, matérialisée notamment par les premières interventions du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (PUMA), les besoins restent importants. « Il existe un déficit réel d’investissements dans certaines zones, même si des efforts sont déjà en cours », a-t-il souligné.

‎Au-delà de cette insuffisance globale, Babacar Niang dénonce un déséquilibre dans la répartition des investissements à l’échelle du département. Ce déséquilibre se manifeste particulièrement dans les secteurs clés tels que la santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable et les infrastructures dédiées à la jeunesse. « Tous les diagnostics réalisés montrent des écarts significatifs entre les localités », a-t-il expliqué.

‎Le secteur éducatif figure parmi les plus touchés. Le département enregistre chaque année un déficit important d’enseignants, conséquence de nombreux départs non compensés. Cette situation perturbe les enseignements à tous les niveaux du système éducatif. « Malgré les efforts de l’administration, il est difficile de combler ce manque. Des réflexions sont en cours pour mettre en place des mécanismes incitatifs afin de stabiliser le personnel enseignant », a indiqué le préfet, non sans alerter sur le risque de voir Saraya devenir un simple département d’affectation temporaire.

‎Les difficultés d’accès constituent également un frein majeur, notamment en période hivernale. Plusieurs zones restent enclavées à cause de l’état des routes et de la montée des eaux du fleuve Gambie et de la Falémé. « La mobilité des populations est fortement perturbée pendant l’hivernage, avec des localités totalement isolées », a déploré Babacar Niang.

‎Face à cette situation, des mesures d’urgence sont annoncées. L’Ageroute, en partenariat avec l’entreprise Sosseter, prévoit des travaux de profilage sur plusieurs axes, notamment entre Saraya et Saiensoutou, ainsi qu’entre Bembou, Bransan et Sabodala. La construction du pont de Missirah Sirimana devrait également démarrer prochainement. Par ailleurs, la société minière Sabodala Gold Operations a été sollicitée pour la réalisation d’un ouvrage de franchissement à Khossanto, une initiative à laquelle elle a répondu favorablement.

‎Sur le plan environnemental, le préfet a rappelé les conséquences des crues de la Falémé, aggravées par les activités d’orpaillage de l’autre côté de la frontière malienne. L’année dernière, 129 personnes ont été affectées par les inondations. « Les populations riveraines subissent directement les effets du débordement du fleuve, surtout en hivernage », a-t-il précisé.

‎L’accès à l’électricité reste également très limité. Sur les 90 villages que compte le département, seuls 14 sont actuellement électrifiés, dont une grande partie dans la commune de Sabodala. Toutefois, des projets sont en cours pour améliorer cette situation. L’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) prévoit la connexion de sept nouveaux villages, tandis qu’un autre programme, en collaboration avec la Senelec, vise à raccorder 13 localités supplémentaires au réseau électrique.

‎Malgré ces initiatives, les défis restent nombreux pour ce département frontalier, où le développement équilibré des infrastructures apparaît comme une condition essentielle à l’amélioration des conditions de vie des populations.

‎Fily cissokho

Partager