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Diawara : le pari du maire Killé Sakho pour l’autonomisation des femmes par le maraîchage avec un investissement de plus de 40 millions FCFA 

À Diawara, dans le département de Bakel, l’autonomisation économique des femmes est désormais au cœur des priorités municipales. Le maire, Killé Sakho, en a fait une véritable conviction : extirper les femmes de la dépendance pour les conduire vers l’autonomie financière.

Pour concrétiser cette ambition, un financement de plus de 40 millions de francs CFA, mobilisé dans le cadre du Programme de Résilience et de Développement Communautaire (PRDC), a permis d’aménager un périmètre agricole dédié au maraîchage de contre-saison. Le projet comprend notamment la clôture du site, la construction d’un magasin de stockage, d’une chambre pour le gardien, ainsi que la réalisation de deux mini-forages et l’acquisition de motopompes pour assurer la maîtrise de l’eau.

Située à l’extrême nord-est de la région de Tambacounda, sur la rive gauche du fleuve Sénégal, Diawara est une commune frontalière de la Mauritanie, proche du Mali. Érigée en commune en 2002, elle se distingue par une forte tradition migratoire. Les transferts des émigrés constituent une part importante de l’économie locale, aux côtés de l’agriculture et du commerce. Les investissements de la diaspora ont d’ailleurs contribué à transformer le visage de cette localité en pleine expansion.

Dans ce contexte, le maire Killé Sakho mise sur le potentiel des femmes pour renforcer la souveraineté alimentaire locale. Sur le terrain, les résultats sont déjà visibles. La diversification des cultures offre des perspectives prometteuses : arachide de contre-saison, oseille très prisée en période de jeûne, mais aussi patate douce, pomme de terre, oignon, manioc, gombo, salade et concombre. Une expérimentation réussie de la culture du blé ouvre même la voie à une production locale de farine, dans un pays fortement dépendant des importations.

Le périmètre agricole accueille également des arbres fruitiers, notamment des manguiers, papayers et citronniers, renforçant ainsi la diversité de la production.

À la tête des groupements féminins, Khoumba Séméga souligne à la fois les avancées et les défis. Si les revenus tirés des récoltes permettent de subvenir aux besoins quotidiens, certaines charges, notamment le carburant, pèsent encore lourdement sur les activités. Malgré cela, les ambitions restent intactes : les femmes de Diawara entendent s’imposer comme de véritables entrepreneures agricoles.

Le verger communal mis à leur disposition par la municipalité constitue, selon elles, une opportunité majeure pour structurer et développer leurs activités. Elles appellent toutefois à un accompagnement renforcé, notamment en matière de modernisation des équipements, de maîtrise de l’eau, de stockage des surplus et de transformation des produits.

Le maire Killé Sakho, saluant l’engagement de ces « braves dames », réaffirme le soutien du conseil municipal. « Ce projet vise à améliorer durablement leurs conditions de travail et à valoriser leur potentiel économique », souligne-t-il. Il annonce par ailleurs son intention de renforcer chaque année les investissements dans ce secteur stratégique.

À Diawara, les femmes cultivent désormais bien plus que la terre : elles cultivent leur indépendance et participent activement à la dynamique de développement local.

Pape Demba SIDIBÉ

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