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Les Chroniques du Doyen – Libérez Ismaël Madior Fall sans entraves (par Majib Sène)

Le Sénégal a des voix qui traversent les époques. Celle d’Ismaël Madior Fall en fait partie. Ismaël Madior Fall, originaire de la ville emblématique de Rufisque, a toujours cheminé dans ce pays aux belles traditions, la tête haute, sans mesquinerie ni naïveté candide. Homme d’honneur et de vertu, il supporte avec dignité la trajectoire douloureuse d’un destin cruel. Je l’ai vu, ce professeur qui transformait un amphi en école de la République. Garde des Sceaux, il ne tenait pas le Sceau comme un trophée, mais comme une charge. Chaque article de loi, chaque décision, il les pesait à l’aune d’une question simple : « Est-ce juste pour le peuple ? » Aujourd’hui, cette voix est étouffée. Et avec elle, une part de ce qui fait notre grandeur. Pourquoi sa libération s’impose, et sans bracelet. La dette de la Nation : un homme qui a formé des milliers de juristes, qui a écrit notre droit, qui a défendu nos institutions quand elles vacillaient… ce n’est pas un détenu ordinaire.

C’est un bâtisseur. Le rendre à la Nation, c’est rembourser une dette d’honneur. L’argument de l’utilité publique : enfermé, Ismaël Madior Fall ne sert personne. Libre, il continue d’éclairer. Ses analyses, sa plume, son enseignement sont des biens publics. Le Sénégal a besoin de cerveaux qui apaisent. La mesure à la hauteur de l’homme : ni vengeance, ni humiliation. La justice n’a pas besoin de bracelet électronique pour se faire respecter. Professeur agrégé, ancien Garde des Sceaux, originaire de Rufisque, dont toute la vie est publique et connue, il ne présente aucun risque de fuite. Lui imposer un bracelet, ce serait ajouter l’affront à l’injustice. Confiez-lui sa parole. Il l’a toujours honorée. La réconciliation avant la fracture : un pays se divise vite quand il s’acharne. Un pays se relève quand il sait tendre la main. Libérer Ismaël Madior Fall, purement et simplement, c’est choisir la cohésion.

Alors j’écris, le cœur vibrant : ouvrez les portes. Rendez-nous notre professeur de Rufisque. Rendez au Sénégal l’un de ses fils les plus brillants. Sans bracelet, sans condition vexatoire. Juste la liberté, entière, digne.

Doyen Majib Sène

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