Formation agricole : Modou Fall plaide pour une réforme en profondeur des centres de formation !

À l’occasion de la journée dédiée au partage de la vision ministérielle sur l’insertion des jeunes diplômés du secteur agricole, Modou Fall, du Centre de Formation Polyvalente Agricole (CFPA) de Sangalkam, a livré un plaidoyer fort en faveur d’une refonte structurelle et stratégique des centres de formation agricole et rurale du Sénégal.

Prenant la parole devant le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Élevage, Dr Mabouba Diagne, M. Fall a d’abord salué l’organisation de cette rencontre qui, selon lui, témoigne de l’intérêt porté à la jeunesse formée dans les structures sous tutelle du ministère. Il a ensuite retracé l’histoire de la formation agricole au Sénégal, soulignant que « dès les indépendances, elle s’est imposée comme un levier essentiel pour la transformation du monde rural ».

Une situation critique dans les centres de formation

Le représentant du CFPA de Sangalkam n’a pas mâché ses mots sur l’état actuel des structures. Il a dénoncé le délabrement des infrastructures, le manque criant d’équipements agricoles, le déficit de formateurs spécialisés, mais aussi l’insécurité foncière qui menace l’avenir de certains centres.

Il a également évoqué des cas spécifiques : « le CFPA de Ogo, fermé depuis des années, reste à l’abandon, vandalisé, alors qu’il pourrait redevenir un outil essentiel pour les jeunes de la région », a-t-il martelé.

Un appel à des réformes audacieuses

Modou Fall a formulé une série de recommandations concrètes destinées à réorienter le dispositif de formation agricole vers plus d’efficacité. Parmi les mesures phares, il propose la fusion du BFPA et du BFPE en une Direction unique de la formation agricole et rurale, la révision des curricula en cohérence avec la vision 2050 du ministère, et l’amélioration de l’adéquation entre formation et emploi.

Il a aussi insisté sur l’importance de booster les budgets alloués aux centres, de renforcer la formation pédagogique des formateurs, et de sécuriser les espaces fonciers dédiés à la formation.

Des efforts salués mais insuffisants

Malgré ce tableau préoccupant, M. Fall a reconnu les efforts du ministère, notamment la formation de 49 agents pédagogiques, la dotation en véhicules, ou encore la généralisation du Brevet de Technicien en Agriculture et Élevage. Il a également félicité les équipes du BFPA et du BFPE pour leur implication dans la coordination et la modernisation des centres.

« Il faut oser la rupture »

En conclusion, Modou Fall a appelé à « oser dans la rupture », et à redonner à la formation agricole la place stratégique qu’elle mérite dans la quête de souveraineté alimentaire du Sénégal. Il a réaffirmé la détermination des acteurs à accompagner les réformes nécessaires, tout en exprimant sa confiance en la capacité du ministre à apporter des réponses concrètes aux préoccupations soulevées.

« Le capital humain reste la première base productive. Miser sur une formation agricole de qualité, c’est miser sur l’avenir du pays », a-t-il conclu sous les applaudissements.

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