
À l’occasion d’une journée de partage sur la vision d’insertion des diplômés en agriculture et élevage, le représentant des sortants des centres de formation relevant du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Élevage (MASAE) a livré un vibrant plaidoyer en faveur d’une meilleure prise en charge de la jeunesse formée dans ce secteur stratégique.

Face aux autorités ministérielles et aux partenaires techniques, il a salué l’initiative portée par le Ministre Dr Mabouba Diagne, tout en exprimant la reconnaissance des diplômés à l’endroit du Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et de son Premier Ministre Ousmane Sonko, pour leur engagement en faveur de la modernisation agricole et de l’autosuffisance alimentaire.
Citant le discours présidentiel du 3 avril dernier, le représentant a rappelé l’annonce du lancement en 2025 des coopératives agricoles communautaires. Une orientation saluée comme « un tournant majeur » dans la structuration de l’agriculture, notamment pour les jeunes et les femmes.

Des défis persistants malgré une formation de qualité
Malgré l’espoir suscité par cette nouvelle vision, les diplômés des centres de formation du MASAE rencontrent encore d’énormes difficultés. Dans son allocution, le représentant a dressé un tableau préoccupant : infrastructures vétustes, manque de salles de cours, matériel pédagogique insuffisant, personnel technique en nombre réduit, programmes de formation obsolètes et bourses d’études faibles voire inexistantes dans plusieurs centres.
« Comment espérer une insertion efficace quand les conditions de formation sont aussi précaires ? » s’interroge-t-il.
Les centres comme le CNFTAGR, le CFPH de Cambérène ou encore le CNFTEIA de Saint-Louis ne disposent pas d’infrastructures adaptées à leur mission. Quant aux bourses, elles ne dépassent pas 25 000 FCFA pour un nombre très restreint de bénéficiaires, alors que plusieurs centres n’en reçoivent aucune.

Des solutions internes à portée de main
Pourtant, les solutions ne manquent pas, souligne le porte-parole des sortants. Il appelle à une meilleure synergie entre les structures du ministère, notamment la DAPSA, la DHORT, la SAED, la SODAGRI, l’ISRA, l’ANIDA ou encore l’ANCAR. Ces dernières pourraient devenir de véritables tremplins pour l’insertion des jeunes formés.
Il a également plaidé pour des partenariats renforcés avec des structures comme le 3FPT, l’ANPEJ, le DER/FJ et le PF2E, qui pourraient contribuer à financer des projets portés par les jeunes diplômés, ou à renforcer l’accès à la formation professionnelle.

Un appel solennel au ministre
Le discours s’est achevé sur un appel fort au Ministre de l’Agriculture. Les jeunes diplômés souhaitent une revalorisation des bourses dès 2026, à hauteur de 40 000 FCFA minimum, afin de faire face au coût de la vie. Ils demandent également une approche intégrée, innovante et durable pour leur insertion.
« En une seule année d’exercice, vous avez marqué les esprits, Monsieur le Ministre. Cette rencontre solennelle avec les diplômés est une première. Nous espérons qu’elle marque aussi le début d’un véritable changement », a conclu le représentant.
