
Le CEM Momar Sène Waly de Rufisque a abrité, ce mardi matin, la cérémonie de lancement officiel de la campagne « Aîné Protecteur », une initiative portée par l’Alliance Nationale des Jeunes pour la Santé de la Reproduction (ANJSR), en partenariat avec la Direction de la Santé Mère-Enfant du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale.
Présidée par le préfet du département de Rufisque, cette cérémonie marque le coup d’envoi d’une vaste campagne nationale visant à promouvoir la santé reproductive des jeunes dans les 14 régions du Sénégal, à travers des actions communautaires et scolaires.
Selon Matou Amar, chargée de plaidoyer de l’ANJSR :
« Cette campagne vise à établir un dialogue direct avec les jeunes dans les écoles et les communautés. Nous aborderons des thématiques essentielles comme les violences basées sur le genre, la gestion de l’hygiène menstruelle, et les grossesses précoces en milieu scolaire. Il est crucial de créer un espace d’échange entre jeunes filles, garçons et autorités locales pour discuter des problèmes auxquels ils font face. »
Elle a également précisé que la campagne sera déployée dans les 79 districts sanitaires du pays à travers diverses activités : causeries-débats, school tours, ciné-débats, en collaboration avec les “chefs mexicains”, partenaires du projet.
Prenant la parole à son tour, Elimane Sakho Sembène, maire de la commune de Rufisque Est, a salué l’initiative et affirmé l’engagement de sa municipalité :
« Même si les CEM relèvent du conseil départemental, la commune de l’Est compte bien jouer sa partition, notamment sur la question de l’hygiène menstruelle dans les établissements scolaires. C’est un sujet qui nous tient à cœur. »
Le contexte national met en évidence l’urgence de telles initiatives. En effet, au Sénégal comme dans de nombreux pays, l’éducation à la sexualité reste limitée, les discussions sur la santé reproductive rares, et l’accès aux préservatifs encore marginal. D’après le rapport UNFPA 2015, près d’une femme sénégalaise sur 10 a un enfant avant 19 ans, tandis que seulement 18 % des femmes en âge de procréer déclarent utiliser une méthode de contraception.
L’éducation complète à la sexualité permet aux jeunes de prendre des décisions éclairées, de se protéger contre les IST, les grossesses non désirées et les situations de coercition.
À travers ses actions, l’ANJSR s’engage à :
- Informer les jeunes sur la santé reproductive, les IST, la contraception, et la santé menstruelle ;
- Plaider pour des politiques publiques favorables à l’accès aux services de santé ;
- Faciliter l’accès à des services adaptés aux jeunes ;
- Former les professionnels de la santé et les éducateurs ;
- Collecter des données pour mieux comprendre les défis des jeunes.
La campagne « Aîné Protecteur » incarne cette volonté d’implication directe, locale et inclusive pour un avenir où chaque jeune sénégalais·e dispose des outils nécessaires pour prendre soin de sa santé reproductive.
