À force de chercher un “Medvedev sénégalais”, certains commentateurs ont fini par perdre ce qui leur restait de rigueur intellectuelle. Ce fantasme grotesque, recyclé en boucle dans les médias et sur les réseaux sociaux, n’est ni une analyse, ni une intuition géniale, ni même une hypothèse de travail. C’est un mensonge politique habillé en réflexion stratégique, une tentative désespérée de réduire une rupture historique à une mise en scène. Disons-le sans détour : comparer Bassirou Diomaye Faye à Dmitri Medvedev est une escroquerie intellectuelle.

Quand l’ignorance se déguise en analyse
Medvedev était un président par délégation.
Bassirou Diomaye Faye est un président par légitimité.
Medvedev n’avait ni parti, ni base, ni histoire politique propre.
Diomaye Faye est cofondateur du PASTEF, architecte silencieux mais central d’un projet politique qui a survécu à la prison, à la répression, à la diabolisation et à la persécution judiciaire.
Comparer les deux, c’est soit ne rien comprendre à la politique sénégalaise, soit faire semblant de ne rien comprendre. Dans les deux cas, c’est grave.
Le Président fantoche: une insulte au suffrage universel
Ceux qui parlent de “président de transition”, de “prête-nom” ou de “façade institutionnelle” ne s’attaquent pas seulement à Bassirou Diomaye Faye.
Ils méprisent ouvertement le vote des Sénégalais.
Car enfin, de quoi parle-t-on ? D’un homme élu dès le premier tour (porté par une dynamique populaire sans précédent), choisi dans un moment de crise extrême pour préserver l’essence du projet politique.
Il n’a pas été parachuté.
Il n’a pas été imposé.
Il n’a pas été désigné dans un salon feutré.
Il a été choisi, puis élu.
Le reste relève de la fiction.
La sobriété dérange les amateurs de vacarme
Bassirou Diomaye Faye ne hurle pas. Il ne gesticule pas.
Il ne gouverne pas à coups de tweets ou de rodomontades.
Et c’est précisément ce qui dérange.
Dans un pays habitué au pouvoir spectaculaire, certains sont incapables de concevoir un chef d’État qui exerce l’autorité par le travail, la méthode et la discipline institutionnelle.
Alors ils inventent une marionnette pour se rassurer. Mais, le pouvoir réel n’a jamais été bruyant. Il a toujours été organisé.
La vérité que personne ne veut dire
Cette histoire de “Medvedev sénégalais” n’est pas une erreur d’analyse.
C’est une stratégie de délégitimation.
Elle vise à : minimiser la victoire du PASTEF, semer le doute sur la légitimité présidentielle, préparer, idéologiquement, l’échec espéré de la rupture.
C’est le discours de ceux qui ont perdu le pouvoir, mais, refusent d’accepter la défaite historique qu’ils ont subie.
La vérité nue est que Bassirou Diomaye Faye n’est pas le Medvedev de quelqu’un.
Il est le Président de la République du Sénégal.
Ceux qui ne le supportent pas ont deux options : soit ils apprennent enfin à analyser la réalité sénégalaise avec sérieux, soit ils continuent à fantasmer des comparaisons russes pour masquer leur défaite politique.
Mais, qu’ils le sachent : l’Histoire ne retiendra ni leurs tweets, ni leurs éditoriaux fébriles, ni leurs comparaisons ratées. Elle retiendra une chose, une seule : ils n’ont rien vu venir.
Et depuis, ils parlent et écrivent pour se consoler.
Par Lababa FAYE, membre du MONCAP/PASTEF
