Le leader de Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale avec 132 voix sur 133, dans un contexte marqué par le boycott de l’opposition. Une élection qui provoque déjà une vive tension sur la scène politique sénégalaise.

Le Front pour la Défense de la Démocratie (FDR) a rapidement réagi en qualifiant cette désignation de « coup d’État parlementaire ». Selon cette coalition de partis d’opposition, le pouvoir en place, dominé par PASTEF, aurait violé plusieurs dispositions légales et institutionnelles dans le processus ayant conduit à cette élection.
Dans une déclaration rendue publique, le FDR accuse le régime de vouloir concentrer tous les leviers du pouvoir entre les mains d’un seul camp politique. L’opposition estime que l’accession d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale remet en cause les principes de séparation des pouvoirs et fragilise davantage le climat démocratique du pays.
Le FDR réclame ainsi la démission immédiate d’Ousmane Sonko, dénonçant ce qu’il considère comme une dérive autoritaire. Cette nouvelle polémique intervient dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions entre le pouvoir et l’opposition depuis les dernières échéances électorales.
Pour plusieurs analystes politiques, cette situation illustre la profonde fracture qui traverse actuellement la classe politique sénégalaise. Le politologue sénégalais Mamadou Diouf rappelle souvent que « les démocraties africaines se fragilisent lorsque les institutions deviennent des instruments de domination partisane plutôt que des espaces de régulation ». Une réflexion qui résonne particulièrement dans le contexte actuel.
Le philosophe français Montesquieu écrivait déjà dans De l’esprit des lois : « Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser. » Une citation fréquemment invoquée dans les débats sur l’équilibre institutionnel et la séparation des pouvoirs.
Dans les prochaines heures, les réactions des différentes forces politiques et de la société civile seront particulièrement scrutées, alors que cette élection risque d’accentuer davantage les tensions au sommet de l’État sénégalais.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop
