
À l’occasion de la journée dédiée au ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires, dans le cadre de la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (FIARA), un forum s’est tenu sur le thème « Souveraineté alimentaire dans le secteur de la pêche ». Animé par le ministre Dr Fatou Diouf, il a réuni des acteurs du secteur venus de plusieurs localités.

Prenant la parole, le ministre a souligné l’importance de la pêche dans la quête de souveraineté alimentaire : « Quand on parle de souveraineté alimentaire, on parle d’aquaculture, mais également de protéine animale. Et qui dit protéine animale, dit pêche », a-t-elle déclaré.
Satisfaite de la forte mobilisation et de la participation active des acteurs et partenaires, Dr Fatou Diouf s’est réjouie des échanges fructueux qui ont abouti à des recommandations que le ministère compte intégrer dans sa politique : « Les acteurs et le ministère ont travaillé en symbiose pour démontrer nos actions, mais surtout notre volonté de développer ensemble le secteur », a-t-elle ajouté.

Cependant, elle a pointé du doigt certaines mesures qui freinent l’atteinte des objectifs en matière de souveraineté alimentaire. Parmi elles, le contrôle des exportations, actuellement encadré par une loi qui oblige les entreprises à exporter jusqu’à 80 % de leur production. « Cela signifie que seulement 20 % restent sur le marché national, ce qui est paradoxal pour un pays qui aspire à la souveraineté alimentaire. Nous travaillons avec tous les acteurs pour relever ce taux et mieux approvisionner le marché local », a-t-elle expliqué. Elle a également évoqué la mise en place d’un système de régulation des exportations en fonction de l’offre de poisson : « Plus il y a de poisson, plus nous pourrons autoriser des exportations importantes ».

En poursuivant son propos, la ministre a mis en lumière les acquis dans le secteur, notamment dans la valorisation post-capture. Elle a cité la mise en place de complexes frigorifiques, camions réfrigérés, chambres froides, ainsi que le soutien du COSEC aux femmes pour la transformation des produits. « Il n’est pas acceptable qu’un produit halieutique périsse. Soit on le consomme, soit on le transforme », a-t-elle martelé.

Parmi les avancées notables, elle a également mentionné le renforcement des plans d’aménagement des pêcheries, citant celui en cours de finalisation sur la sardinelle, très prisée au Sénégal. Le suivi, le contrôle et la surveillance des pêches ont aussi été intensifiés :
« La direction de la protection et de la surveillance des pêches fait un excellent travail pour dissuader la pêche illicite, qui est le principal ennemi de la souveraineté alimentaire », a-t-elle affirmé.
Enfin, une innovation majeure a été annoncée : la mise en place d’un laboratoire national d’analyse des produits halieutiques, unique en Afrique de l’Ouest. « Tous les produits destinés à la consommation seront désormais testés pour garantir leur conformité sanitaire et leur qualité avant mise sur le marché », a conclu Dr Fatou Diouf, visiblement satisfaite de cette rencontre avec les acteurs du secteur.
