L’antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a frappé un coup important dans la lutte contre l’émigration clandestine. Trois individus ont été déférés devant le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Fatick pour escroquerie, association de malfaiteurs et tentative de trafic de migrants.

L’affaire remonte au 27 mars 2026, à la suite d’une plainte déposée à l’antenne secondaire de Karang. Le plaignant accusait l’un des mis en cause de l’avoir escroqué dans le cadre d’un projet de migration irrégulière vers l’Espagne.
Les investigations menées par les enquêteurs ont permis de mettre au jour un réseau bien structuré. Selon les éléments de l’enquête, la victime, désireuse de rallier l’Espagne par voie maritime avec des amis, avait été mise en relation avec un intermédiaire. Un accord financier avait été conclu, fixant les frais de voyage entre 300 000 et 430 000 F CFA par personne.
Les candidats à l’émigration ont été convoyés jusqu’à la gare routière de Karang, avant d’être pris en charge par un passeur chargé de leur faire franchir la frontière par des voies non officielles. Le groupe a ensuite été acheminé vers un campement situé à Gougnadou, en République de Gambie, où une somme globale de 1 480 000 F CFA a été remise au principal mis en cause. Ce dernier agissait comme recruteur pour le compte d’organisateurs du réseau, en échange de la promesse d’un voyage gratuit.
La riposte des forces de sécurité ne s’est pas fait attendre. Grâce à un dispositif de surveillance renforcé et à la mise en place d’une opération dite de « souricière » à Karang, les enquêteurs ont procédé à l’arrestation du principal suspect ainsi que de son premier complice. Lors de leurs auditions, les deux hommes ont reconnu les faits, révélant leur collaboration avec un conducteur de moto-taxi, utilisé comme passeur dans la zone.
Le troisième individu, interpellé par la suite, a également admis son implication. Chargé de convoyer des candidats à l’émigration, originaires notamment du Sénégal et de la Guinée, il utilisait un véhicule immatriculé en Gambie pour contourner les postes de contrôle. Son itinéraire passait par Mayemba, avant de rejoindre le campement de Gougnadou, point de regroupement du réseau.
À l’issue de leur garde à vue, les trois mis en cause ont été présentés au parquet de Fatick. L’enquête se poursuit afin de démanteler l’ensemble de cette filière de migration irrégulière.
