Au lendemain des violences survenues à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), qui ont coûté la vie à l’étudiant Abdoulaye Ba, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Bamba Cissé, a exprimé la « pleine compassion » du gouvernement à l’endroit des étudiants, du personnel universitaire, des familles endeuillées et de l’ensemble de la communauté académique.

S’exprimant ce mardi lors du point de presse du gouvernement tenu au Building administratif, le ministre a rappelé avec fermeté que « l’université doit rester un lieu d’apprentissage, de dialogue et de construction, et non un espace de violence ou de peur ». Reconnaissant le choc et l’émotion suscités par ce drame, il a assuré qu’une enquête est en cours afin d’établir les circonstances exactes du décès. « Toute la lumière sera faite sur ces incidents », a-t-il promis.
Un déploiement sécuritaire justifié par des renseignements préoccupants
Me Bamba Cissé a expliqué que la présence des forces de défense et de sécurité (FDS) sur le campus s’inscrivait dans une logique de prévention. Selon lui, le gouvernement disposait de renseignements faisant état de projets de vandalisme visant des infrastructures universitaires, notamment le restaurant universitaire.
« Des informations précises indiquaient des risques de destruction d’infrastructures du campus social », a-t-il déclaré, évoquant des tentatives d’assaut signalées tôt le matin des événements.
Le ministre a insisté sur le fait que la mission des forces de l’ordre visait exclusivement la protection des biens publics appartenant à l’ensemble des Sénégalais, et non une remise en cause des libertés académiques.
Franchises universitaires : le rappel du cadre légal
Quelques heures après l’annonce du décès de l’étudiant, inscrit en deuxième année de médecine dentaire, le gouvernement a tenu une conférence de presse à la Primature en présence de plusieurs ministres, dont ceux de la Justice, des Forces armées, de l’Enseignement supérieur et de l’Intérieur.
À cette occasion, Me Bamba Cissé a tenu à clarifier le cadre juridique des franchises universitaires. « Sous mon autorité, les forces de défense et de sécurité ne violeront jamais les franchises universitaires », a-t-il affirmé, rappelant que ces dispositions, issues de la loi n°94-79 du 24 novembre 1994, ne couvrent pas l’ensemble des campus, notamment les campus sociaux.
Il a par ailleurs souligné qu’« aucune portion du territoire national ne peut échapper à l’application des lois de la République ».
Condamnation de toute violence et annonces de sanctions
Dans un discours de fermeté, le ministre a condamné toutes les formes de violence, qu’elles proviennent des manifestants ou des forces de sécurité.
« Je condamne tout comportement abusif des forces de l’ordre. La force doit être proportionnée, équilibrée et strictement nécessaire », a-t-il martelé, assurant que toute faute avérée fera l’objet de sanctions disciplinaires ou judiciaires.
Découverte d’armes et climat sécuritaire préoccupant
Le ministre a également révélé la découverte d’armes blanches et de matériels assimilables à des engins explosifs artisanaux lors de fouilles dans certaines chambres universitaires. Ces faits, déjà pris en charge par la justice, traduisent selon lui une dégradation inquiétante du climat sécuritaire au sein de l’espace universitaire.
Vers une nouvelle doctrine de maintien de l’ordre
Face à la gravité de la situation, le gouvernement a annoncé une série de mesures structurelles, dont la révision des protocoles d’intervention en milieu universitaire et la mise en place, sous huitaine, d’une cellule permanente de dialogue entre étudiants, autorités académiques et forces de sécurité.
« Le maintien de l’ordre peut et doit se faire sans bavure », a insisté Me Bamba Cissé, annonçant l’élaboration d’une nouvelle doctrine visant à limiter au maximum l’usage de la force.
En conclusion, le ministre a rappelé que « l’université n’est pas un lieu de guerre, mais un lieu de savoir, de paix et de camaraderie », et que l’État s’engage à garantir un environnement sécurisé et serein pour permettre aux étudiants d’apprendre et de réussir.
